SUR UN AIR D’AMOUR-CLASH : « LILA » DE LAURENCE DÉLIS, MA SUGGESTION LITTÉRAIRE DE JUIN:-)

Ne souhaitant pas m’arrêter en si bon chemin après ma recommandation de lecture du mois dernier et ma version française des paroles de « 99 Luftballons » d’il y a près de deux ans, j’ai choisi de continuer à emprunter le pont entre les arts, et de vous suggérer aujourd’hui, en lien avec le refrain de « Should I Stay Or Should I Go » dont je vous proposerai une traduction en rimes en toute fin de billet, de lire le premier roman d’une autre fidèle amie des mondes virtuels, à savoir « Lila » de Laurence Délis, paru à l’automne 2015 aux éditions Ipagination, disponible, entre autres, directement auprès de l’éditeur, sur papier ou en version numérique (formats Epub sans DRM ou Kindle).

En vérité, bien que cet ouvrage représente effectivement sa prime incursion dans l’univers des livres, Laurence n’est pas exactement ce qu’on pourrait appeler une novice de la plume, étant donné qu’elle avait déjà pris du plaisir à manier les mots à l’adolescence, et qu’elle y est revenue depuis 2013 environ, au sortir d’un silence littéraire d’une trentaine d’années pendant lesquels elle avait troqué la feuille contre la toile pour se consacrer pleinement à son activité d’artiste peintre, nous honorant désormais d’un joli bouquet de textes largement agencé autour des couleurs de l’amour, mais sans exclusive… Forte de son expérience d’auteur et d’animatrice sur le site d’Ipagination, stimulée, depuis peu, par une intéressante communauté informelle de blogueurs particulièrement réceptive à ses mots et ses réflexions, la voilà donc qui parvient de nos jours, pour notre plus grand bonheur, à trouver un point d’équilibre entre ces deux fibres créatrices de rêves, d’imaginaires, de sensations hétéroclites, de profondes émotions ou d’envies de croire en un avenir meilleur, à jouer tantôt avec la couleur des mots et des styles, tantôt avec celle de ses paysages, comme en témoignent ses écrits, par ici, ou ses tableaux, par là.

Fidèle à son habitude de confier systématiquement le rôle du héros ou du narrateur à un personnage masculin, généralement imprévisible, impulsif et d’une fragilité qui lui confère toute son humanité, de quoi s’offrir d’agréables latitudes avec sa propre condition de femme et transposer à l’écriture un sens du détail qu’elle a déjà eu tout loisir d’affûter dans la peinture, elle y ajoute ici un élément essentiel à une histoire en mouvement perpétuel : son choix de rédiger l’intrigue sous forme d’un journal intime tout au long duquel Gabriel, presque aussi éperdument amoureux de ses montagnes que de son inégalable  Lila des Landes (avec ce « presque » qui finira par tout changer), s’adresse directement à celle-ci afin de reconstituer a posteriori, à peu près aussi  minutieusement que dans un scénario de film ou une pièce de théâtre, les pièces d’un puzzle relationnel à jamais inachevé… Et c’est justement cette instabilité permanente au sein de leur couple, cette dualité entre attirance et répulsion, proximité et éloignement, qui m’a tenu en haleine jusqu’à la chute, chaque chapitre amenant incontestablement son lot de suspense, de surprises et de brusques revirements, tout à l’image de leurs caractères hautement indomptables, à mesure que passent les jours, puis les semaines, les mois et les années, comme autant d’actes et de scènes d’une tragédie de notre siècle.

À l’inverse d’un traditionnel conte de fées, tout ne fait que débuter lorsque Gabriel, qui avait entraperçu Lila lors d’un premier voyage sur la côte atlantique, décide de prendre un congé sabbatique pour vivre à ses côtés aussi longtemps que possible, car Lila, elle aussi follement amoureuse de Gabriel, mais foncièrement attachée à son environnement océanique, sa liberté et ses amis, redoute de s’engager plus durablement dans une vie commune qui impliquera nécessairement des concessions. Dans ces moments où tout, à commencer par la proximité géographique, est censé les unir, les coeurs s’éloignent et se ferment à la raison, et seuls les liens entre leurs corps en fusion leur donne l’énergie de communiquer à nouveau. Et a contrario, lorsque les chemins de leurs vies se séparent dans la mesure où Gabriel doit / veut retourner gravir quelque sommet alpin pendant que Lila noie ses contradictions dans des travaux de traduction ou des escapades chez des amis, tous leurs faits et gestes respectifs semblent marqués du sceau de l’absence ou de la peur de ne plus trouver moyen de se comprendre la prochaine fois qu’ils se reverront, leurs échanges par mail ou téléphone portable préfigurant d’ailleurs très souvent les difficultés qu’ils auront alors à surmonter.

De même, tout à l’inverse de la formule « ils se marièrent, eurent beaucoup d’enfants et vécurent heureux jusqu’à la fin des temps », c’est de haute lutte qu’ils arriveront à faire perdurer leur relation, à se marier et à fonder une famille, sans jamais se résoudre pour autant à élire définitivement domicile chez l’un(e) d’eux. De quoi exaspérer plus d’une fois leurs proches qui ne veulent pas croire que tout puisse être d’une complexité à ce point irrémédiable entre eux, mais qui n’en contribueront pas moins à les prémunir de cette petite goutte d’eau qui ferait déborder pour toujours le vase de leurs excès, entre autres lorsque Gabriel, trop possessif et jaloux pour envisager que Lila puisse se satisfaire d’autre-chose que de liens exclusifs, se terre dans un mutisme désespérant dans l’espoir de ne jamais devoir entendre qu’elle est tombée enceinte, conscient que le futur enfant réclamera bien davantage qu’une petite part d’amour, ou lorsque Lila tentera, à son tour, de lui cacher sa seconde grossesse jusqu’au dernier instant.

Lila, c’est donc le titre du livre, mais surtout ce prénom, répété délibérément au fil des pages et du temps qui passe, parfois avec une insistance frisant l’obsession dont je me fais ici l’écho d’une manière tout aussi intentionnelle…, très précisément parce que Gabriel est obsédé jour et nuit par Lila, au point de ne plus vraiment être en mesure de distinguer la réalité de son être ou de leur relation de la femme idéale qu’il passera sa vie à chercher en vain, parce que Lila est à la fois sa raison et sa déraison d’être, parce que c’est encore elle, Lila, qui aura le mot de la fin malgré elle, pour s’être entêtée une fois de trop, parce que Lila sera vouée à ne plus vivre que dans ses rêves, dans ses mots qu’elle ne lira jamais ou à travers leur descendance, sans que l’histoire ne nous dise s’il parviendra à se nourrir de leur amour ou à retrouver un jour sa paix intérieure. Lila et Gabriel ont, tous deux, le don de déranger, d’agacer, d’effrayer, d’ébranler constamment la confiance du lecteur en leur aptitude à réfréner leurs pulsions destructrices avant qu’il ne soit trop tard, mais la délicatesse et la sensibilité de l’écriture et le recul de Gabriel, désormais disposé à une introspection et à une certaine objectivité dont il était foncièrement incapable dans le feu de l’action, ont suscité, au contraire, toute mon empathie, ma compréhension et mon estime pour ces deux êtres à qui la vie, leurs déséquilibres psychiques, la distance, le temps et les préjugés des autres n’auront tout simplement pas permis de flotter sur les eaux d’un long fleuve tranquille, de sorte que je retiendrai surtout de ce magnifique ouvrage que leur histoire est une émouvante leçon de tolérance, de respect des différences, de courage et de ténacité face à l’adversité, un vibrant appel à vivre, à recevoir, donner et partager de l’amour dans un monde qui déborde déjà assez de haine, une ode à la liberté absolue des sens et à celle de tout être humain à disposer librement de son corps !

Étant donné que je partage avec l’auteur cette passion pour la musique, ce qui m’amène à en écouter énormément à tous les stades d’ l’existence, c’est tout naturellement que j’ai ressenti l’envie d’associer un morceau de musique ou une chanson à la tonalité du livre, et que mon choix initial s’est porté sur les paroles de l’indémodable « Je t’aime, moi non plus », composées par le regretté Serge Gainsbourg. Mais peut-être ne mériterais-je pas tout à fait mon pseudo TransEuropeEscape si j’avais omis d’attacher de l’importance à un tout petit détail qui m’a fait creuser un peu plus loin : c’est que les phases de vie commune de Gabriel et Lila, qu’elles se déroulent sur la Côte Ouest ou tout à l’autre bout du pays, en plein massif alpin, sont toujours délimitées par des voyages en train, moyen de transport que nos deux protagonistes n’empruntent donc jamais ensemble pour joindre leurs domiciles affectifs respectifs. De fait, les rails, bien que jamais évoqués en tant que tels dans le récit, deviennent une sorte de métaphore implicite de l’infime ligne de démarcation entre retrouvailles et (risque de) rupture des liens, entre proximité et éloignement, entre osmose charnelle et glaciation des sentiments, entre le désir de Gabriel de rester / retourner chez Lila et sa brusque envie de partir / de faire dmi-tour alors qu’il venait tout juste d’arriver à la gare la plus proche de chez elle…

Voilà pourquoi j’ai finalement jeté mon dévolu sur un autre classique, dans un genre bien plus punk cela dit, en l’occurence le célèbre « Should I Stay Or Should I Go » (dois-je rester ou partir ?) du groupe britannique « The Clash », où il est aussi beaucoup question d’indécision, de contradictions permanentes, de jeux de séduction, d’attraction, puis de répulsions. Et puisque j’ai tout de suite réalisé qu’il y avait parfaitement moyen de transposer les paroles du refrain en vers libres sans trop y perdre, ni en substance originale, ni en rythme, c’est avec délectation, puis avec le plaisir d’une mission accomplie, que j’aimerais rendre cet hommage très personnel à Lila, elle aussi traductrice à ses heures, et en cela, lointaine consoeur dans un monde parallèle qu’il ne m’aurait jamais été donné de découvrir sans l’intermédiation des mots de ma fidèle amie de plume Laurence Délis:-)

Un petit souci pour lancer la vidéo ? Cliquez ici:-)

L’original, tout d’abord :

Should I stay or should I go now
Should I stay or should I go now?
If I go, there will be trouble.
And if I stay, it will be double.
So, come on and let me know (« and so you got to let me know » après la seconde strophe)!
Should I stay or should I go?

Ma traduction, ensuite :

Est-ce que j’dois rester ou partir ? (bis)
Si j’ m’en-vais, y aura des dégâts.
Si j’ reste, c’est deux fois plus qu’y en aura.
Allez, dis-moi à quoi m’en tenir / faudra bien qu’ tu m’ dises à quoi m’en tenir!
Est-ce que j’ dois rester ou partir ?

BLOG-NOT DE CATHERINE DUTIGNY : MON COUP DE COEUR LITTÉRAIRE DU MOIS… ET UNE OCCASION EN OR DEFAIRE REVIVRE MON PROPRE BLOG:-)

Depuis la publication de mon dernier billet en juillet 2014, cela fait donc à nouveau près de deux ans que cet espace a fait les frais des innombrables péripéties de mon quotidien, de la longue et douloureuse maladie, puis du décès de mon père, au deuil qui s’en est suivi, d’une terrible déception amoureuse aux incertitudes d’un avenir où je ne manquerai pas d’être confronté à des responsabilités tellement plus immenses qu’elles ne l’ont été par le passé. Deux ans, aussi, que je n’en brûlais pas moins d’envie de vous dire au fil des présentes pages tout le bien que je pense que ma fidèle amie et inspiratrice de plume Catherine Dutigny, également connue sous le doux nom d’Elsa Saint Hilaire, comme j’ai déjà coutume de le faire sur les principaux réseaux sociaux depuis-lors…

Et voilà que son tout nouveau roman « Blog-not », disponible dès à présent auprès de son éditeur, sur Amazon ou chez votre libraire habituel, tombe à pic en pleine période des ponts de mai pour m’inciter à échafauder des liens entre mon destin et celui de l’un de ses héros, à trouver dans une si palpitante intrigue la force et l’inspiration qui puissent me porter vers des rivages plus ensoleillés à l’avenir… !

Alors, qui est, au juste, cette fameuse Catherine / Elsa ?

Dans la vie, elle est diplômée de Sciences Po, riche d’un parcours professionnel passionnant et diversifié, rédactrice et membre du comité de lecture à La Cause Littéraire, écrivaine se plaisant à aborder le plus naturellement du monde un large éventail de genres et de styles, du conte pour enfants au roman policier, avec un fort agréable penchant pour l’humour et les personnages en marge des conventions de tous ordres, entre autres cordes à son arc…

Dans mon coeur, depuis ce jour de la fin 2013 où j’ai eu la chance de la lire pour la première fois, elle est devenue, tout d’abord, cette intéressante et intelligente correspondante avec qui j’ai toujours aimé me livrer à des discussions argumentées sur l’actualité, l’art ou la musique, en plus de commenter ses derniers écrits, puis, avec le temps, une confidente et amie qui a eu la gentillesse de m’offrir l’un des plus beaux témoignages d’estime, de reconnaissance et d’affection qu’on puisse recevoir d’une femme / fan de lettres de son haut rang : à savoir qu’elle m’a permis d’accompagner la mise en ligne progressive des 50 premiers chapitres de son roman-feuilleton Carnets secrets, », l’histoire d’un chat parlant le langage des Humains, participant activement à démêler les fils de leurs destins entrecroisés,  via une page Facebook dédiée dont je rédige les différents statuts et assure l’administration. Soucieuse de rendre ses écrits accessibles à des publics aussi variés que possible, de s’adapter au mieux à toute la palette des habitudes de lecture, elle n’a cessé d’apporter une contribution décisive au blog de mon amie Tippi Rod où cohabitent en parfaite harmonie les versions électroniques et les enregistrements audio d’un impressionnant choix de textes, pour le plus grand bonheur de ceux qui éprouvent des difficultés / sont dans l’impossibilité de lire des ouvrages imprimés sur papier puisqu’il n’est pas donné à tout le monde de maîtriser l’outil informatique au point de s’acharner à scanner un livre de 200 pages via son logiciel d’OCR avant de pouvoir en exploiter le contenu dans des conditions à peu près décentes.

« Un titre qui n’est ni français ni anglais et qui sert d’illustration au livre. Mais que m’est-il encore passé par la tête? », s’interroge-t-elle en tête de gondole de la page consacrée à son dernier-né, plus de deux siècles après le règne de Napoléon Ier à qui d’aucuns ont tout de même prêté l’intention de faire creuser un tunnel sous la Manche en vue de sceller une alliance franco-anglaise définitivement à notre avantage;-)…

Quelques indices prometteurs en quatrième de couverture, mis en musique et en images par la talentueuse Naïade :

Rien ne laissait présager une telle issue.

Le corps d’une jeune fille découvert dans la Seine par un vieux marinier, quelques vêtements et un mot trouvés sur la berge : le suicide d’une adolescente ne semble faire aucun doute. Par acquit de conscience, le commissaire Guedj, conseillé par une graphologue, analyse les maigres indices afin de ne rater aucune éventualité. Puis apparait un deuxième papier issu des affaires de la noyée. Cet extrait de Lithium va bouleverser l’enquête.

Il y a d’abord Alex, l’agaçant petit ami de Clarisse, la fille de l’experte, qui rêve de devenir journaliste. Et puis cette maison de retraite où une infirmière se consume d’amour pour un étrange collègue. Ou encore ce blog, qui attire comme un aimant des jeunes internautes en mal de vivre. Une seule certitude, certains vont amèrement regretter de jouer au détective.

Pour avoir enfin eu tout loisir de lire, oh non, que dis-je, de dévorer goulument ce livre dans son intégralité, de réaliser en quoi les paroles des morceaux de Nirvana ne représentent qu’une très pâle réplique contemporaine des Fleurs du mal de Baudelaire, bien que tous deux produisent parfois des effets identiques sur des personnes en souffrance psychique, c’est une réponse infiniment plus personnelle qui s’impose à cette question : de fort belles choses, ma foi:-)

S’il est vrai que Catherine Dutigny n’est pas encore aussi célèbre qu’elle ne le mériterais au titre de ses propres mots, reste qu’elle a mis toutes les chances de son côté pour gravir quelques marches de plus vers la consécration, que ce soit grâce à cette intrigue chargée de suspense jusqu’au point final, , à son style d’écriture, fluide, entraînant et parsemé de jolies formulations, au grand soin qu’elle a manifestement pris à se documenter, de manière à ce que tout paraisse aussi crédible que possible, à tous ces protagonistes dont elle dépeint les traits de caractère avec tant de finesse d’esprit et de souci du détail qu’on en ressent spontanément l’envie de s’intéresser à leur psychologie avant de les juger ou de les ranger précipitamment dans les tiroirs de nos idées préconçues, en dépit de leur part d’irrationnel / d’imprévisible et d’un hasard qui tire à merveille les ficelles de l’histoire pour laisser planer une indispensable part d’ombre échappant à notre curiosité. De surcroît, les âmes très sensibles peuvent être rassurées quant au fait que tout se termine bien mieux qu’on n’osait l’espérer, sur des notes d’allégresse et de confiance en l’avenir qui dépassent de très loin le schéma par trop classique de l’opposition entre bons et méchants…

Et puis, il y a deux terrains sur lesquels on suppose aisément quelques incursions autobiographiques. D’une part, bien sûr, dans la description de la graphologue à qui vient l’idée de réitérer l’exploit d’écrire un roman sur la base du fait divers dans lequel elle se trouve chaque jour un peu plus impliquée, tantôt à son insu, tantôt de son plein gré. De l’autre, ce qui me fascine et me remplit d’une franche admiration depuis ma première lecture de son texte « Dissonances et synthonies », sur Ipagination à l’époque, à savoir sa parfaite connaissance de l’univers des musiques métalliques, qu’elles soient heavy, death, hard, grundge ou que sais-je d’autre. Quelle belle manière, pour elle qui a seulement trois printemps de moins que ma mère à son actif dans la vraie vie, de prouver qu’il n’y a pas d’âge pour rester jeune, alerte et ouvert d’esprit, tout comme il n’y a pas non plus d’âge pour vieillir prématurément à force de n’apprécier la musique que comme une drogue à consommer aux côtés des autres au lieu d’y chercher prioritairement inspiration et extase artistique !

Émotif par nature, je me suis beaucoup attaché au père Mathieu, le marinier vieillissant qui vit reclus sur sa péniche à Conflans-Sainte-Honorine, à la santé toujours plus chancelante depuis le décès de son épouse, un homme si charmant, perspicace et persuasif qu’on n’a envie de lui en vouloir ni pour son caractère peu engageant au départ, ni pour sa fâcheuse tendance à pratiquer sciemment de la rétention de pièces à conviction, qu’on lui en devient même reconnaissant au fil des chapitres dans la mesure où c’est précisément l’évolution maîtrisée de son attitude, de la méfiance à la joie d’être en si bonne compagnie, qui donne un tour encore beaucoup plus croustillant à l’intrigue, que même Delage, l’adjoint de Guedj, pourtant si pressé d’arriver à ses fins d’ordinaire, accepte de bonne grâce de s’exercer à l’art de la patience parce qu’il comprend bien vite qu’il vaut tellement mieux entrer dans son jeu pour s’assurer de sa collaboration que d’appliquer les consignes de service à la lettre, jusqu’à trouver refuge chez lui à un moment où il ne voit pas à qui d’autre il pourrait confier toutes ses angoisses…

Et sans vouloir souffler la fin de l’histoire à qui n’y serait pas encore arrivé, je n’ai pas pu m’empêcher de verser quelques larmes d’émotion au moment où il annonce qu’il se donnera les moyens de réaliser son voeu le plus cher, celui de transmettre aux générations futures un savoir qu’il s’était déjà résigné à imaginer à jamais perdu après sa mort. D’une part, c’est le plus beau cadeau que l’auteur ait pu lui faire, et qui sait, peut-être qu’à l’idée de savoir que sa vie n’a pas été vaine, qu’il est encore parfaitement apte à séduire les femmes, il se portera mieux que jamais ! Et de l’autre, quelle plus belle réponse que celle d’arriver à redonner un sens nouveau à sa vie grâce au potentiel de la toile pendant que certains, à commencer par Frédéric, le blogger au génie maléfique agrémenté de pulsions quasi-bestiales, se servent de ces mêmes outils pour exploiter les failles psychologiques d’adolescentes en mal de repères jusqu’à les persuader qu’elles auraient déjà perdu le combat contre l’insignifiance et la laideur, et n’auraient donc plus qu’à en finir au plus vite. Le tout, sans avoir besoin de verser dans le militantisme, juste parce que le cours des choses en incite certainement plus d’un(e) à parvenir à des conclusions similaires !

EN RÉSUMÉ ET EN CONCLUSION : LISEZ-LE, CE BEAU ROMAN:-)

 »Blog-not » de Catherine Dutigny ;
212 pages, 16,00€ ;
Paru aux éditions RROYZZ le 27 avril 2016)
ISBN-10: 2363720520
ISBN-13: 978-2363720528
disponible auprès de son éditeur, sur Amazon ou chez votre libraire habituel

Paroles traduites par mes soins : « 99 Luftballons », la chanson qui allait faire détester à jamais la guerre au gamin de 9 ans que j’étais alors

Qui, d’entre vous, n’a pas déjà entendu / écouté plusieurs dizaines de fois dans sa vie ce tube planétaire, voire interstellaire, si célèbre que même les Américains, à qui l’on avait pourtant destiné un « 99 Red Balloons » bien à eux, persistaient à en jouer la version originale allemande pour ne pas se sentir déconnectés du reste de l’Humanité ?! Quel DJ ou autre animateur de soirée ne l’a pas déjà sorti de ses cartons pour entraîner l’assistance vers la piste de danse et lui extirper des cris de joie ou des hurlements encore amplifiés par de colossales quantités d’alcool ou de boissons énergisantes préalablement ingurgitées, sans qu’il ne soit nécessaire, pour cela, d’avoir la moindre notion d’allemand, a fortiori, des paroles de cette chanson;-) ?!

En ces temps de Coupe du Monde du ballon rond, sport qui parvient aussi bien à unir les peuples qu’à leur fournir un redoutable ersatz de guerre, selon les cas, j’aimerais néanmoins vous narrer, par le truchement de ma traduction, cette histoire de ballons de baudruche, au contexte historique et géopolitique autrement plus sérieux qu’un match de football, qui m’avait fait comprendre dès mon plus jeune âge à quoi pourrait mener la bêtise humaine si nous n’y prenions garde.

Car en 1983, l’Europe en général, l’Allemagne en particulier, servait de macabre « terrain de jeu » aux deux superpuissances mondiales qu’étaient alors les États-Unis et l’URSS, au point d’en être divisée en deux blocs séparés plus ou moins hermétiquement par le « Rideau de Fer »… La partie la plus emblématique de ce rideau étant incontestablement le Mur de Berlin, érigée en « rempart de protection anti-impérialiste » par le génie maléfique de la propagande est-allemande, qui coupait en deux parts inégales la capitale historique de l’Allemagne

Au déploiement de missiles SS20 par les Soviétiques dans leurs États satellites du Pacte de Varsovie, surtout en ex-RDA, l’Amérique de Ronald Reagan avait répondu par son « Initiative de Défense Stratégique (IDS), plus connue sous son appellation médiatique / propagandiste de « Guerre des Étoiles », et par la dissémination de ses missiles Pershing II, sur le territoire de ses alliés de l’OTAN à la suite d’une demande explicite du gouvernement ouest-allemand qui remontait déjà à 1979… Autant d’armes à capacité nucléaire ou de projets de nature à transformer la Guerre Froide en véritable troisième conflit mondial au moindre incident (et encore : l’Histoire ne peut dire ce qu’il serait advenu de l’Humanité si l’Administration Kennedy avait cédé, dans le prolongement de la crise de Cuba, à la volonté farouche de Franz Josef Strauß de doter la RFA de la bombe atomique…) !

Mis au monde par une mère allemande dont une partie de la famille était restée à l’Est, j’étais alors persuadé d’être né et de vivre du bon côté du Mur, celui où règnent la liberté, la justice et la prospérité, où l’on avait donc toutes les bonnes raisons du monde d’oeuvrer à la chute de « l’empire du mal » communiste après s’être débarrassé du 3e Reich quarante ans plus tôt. Mais dans le contexte d’une révolte pacifiste massive outre-Rhin, aussi bien contre cette course folle aux armements dévastateurs qu’en réaction aux risques incalculables liés à la construction, à l’exploitation et au démantèlement de centrales nucléaires dont il était bien permis de douter du caractère exclusivement civil, cette chanson a largement contribué à faire voler en éclat la vision manichéenne des événements qui s’était jusque-là imprimée dans mon jeune cerveau, car au fil des discussions avec ma mère au sujet des paroles et de ses interrogations sur l’état de la planète tout entière, je me suis mis à réaliser combien nous, Occidentaux, mettions aussi beaucoup d’huile sur le feu à tant vouloir imposer aux autres notre mode de vie, le cas échéant par la force, quitte à ce que celle-ci soit loin d’être circonscrite à des cibles militaires. Et aujourd’hui encore, j’ai le plus grand mal à retenir une larme à l’écoute de la dernière strophe des mots que voici !

As-tu un peu de temps pour moi ?
Alors, je vais chanter pour toi
Une chanson sur les 99 ballons
En route vers l’horizon.
Peut-être que tu es tout juste en train de penser à moi.
Alors, je vais chanter pour toi
Une chanson sur les 99 ballons,
Et tout ça pour ça…

99 ballons
Sur leur route vers l’horizon,
On les a pris pour des ovnis tout droit venus de l’Espace…
Voilà pourquoi un général a envoyé un escadron de chasse à leur poursuite
Pour donner l’alerte, au cas où…
Et dire que là-bas à l’horizon,
Il n’y avait que 99 ballons !

99 pilotes de chasse,
Dont chacun était un grand guerrier,
Se sont pris pour Captain Kirk.
Ça a donné un grand feu d’artifice.
Les voisins n’ont rien capté
Et se sont tout de suite sentis provoqués.
Et dire que là-bas, à l’horizon,
On a juste tiré sur 99 ballons !

99 ministres de la guerre,
Allumette et bidon d’essence
Se sont pris pour de grands malins,
Ont déjà flairé le gros butin,
Ont crié à la guerre et voulu le pouvoir.
Mais franchement : qui aurait pensé qu’on en arriverait là
Pour 99 ballons…
99 ballons…
99 ballons… ?!

99 ans de guerre
N’ont laissé aucune place à des vainqueurs.
Des ministres de la guerre, il n’y en a plus,
Ni des pilotes de chasse.
Aujourd’hui, je fais mes rondes, et vois le monde en ruines.
J’ai trouvé un ballon.
J’ pense à toi, et je le laisse s’envoler
… … … … …

TWITTER 2.0 : SUR LES AUTOROUTES DE L’INFORMATION ET LES DÉCOMBRES DU COMPTE KNACKSLASH, LE CHANTIER À JAMAIS INACHEVÉ DE LA « VOIE DE SON MAÎTRE »…

Article actualisé le 29/03/2014 dans le cadre de la refonte de mes profils sociaux, publié à l’origine sous un titre bien plus euphorique, en écho à ma ferme conviction que cette migration-là serait la bonne, que j’aurai la force mentale de ne plus jamais reproduire les erreurs du passé… Or, comme vous le découvrirez plus en détail dans un prochain billet, la voie de son maître me conduit désormais vers la « Siliknoll Valley » des tweets, d’où le paragraphe en texte barré, dont les liens de référence sont désormais majoritairement obsolètes, et je réalise qu’au bitume de l’autoroute, je préférerai à jamais les rails de chemin de fer, d’où le nouveau nom du présent blog, en hommage au Trans-Europ-Express et au titre éponyme de Kraftwerk, ce groupe qui fut manifestement l’un des premiers à avoir su faire parler les machines une quarantaine d’années avant que mes amies ElisaH et TippiRod ne donnent le meilleur d’elles-mêmes pour léguer leur voix à la postérité.

Pour illustrer en musique ce deuxième volet de ma trilogie twittérienne, suite chronologique à son prologue et sa première partie, voici un autre Kraftwerk de circonstance, à envoyer « à fond la caisse » pour les 23 minutes à venir, sur les enceintes de votre autoradio, bien sûr;-):-)


Un petit souci pour lire la vidéo d’ici à ce que j’implémente intégralement les balises HTML 5 / ARIA requises, ou juste une petite envie de récupérer la bande son via votre ripper préféré ? Alors, cliquez ici, et tout devrait s’arranger à souhait;-):-)

Chères lectrices, chers lecteurs, que vous veniez de Twitter ou d’ailleurs,

En ce beau Dimanche de Pâques, où Chrétiens et Juifs s’accordent à fêter le triomphe de la vie sur la mort et l’espoirs d’un renouveau, aussi bien dans la Nature qu’en notre for intérieur, permettez-moi, en complément à mes meilleurs voeux de bonheur, de bonne santé, de prospérité et d’épanouissement, de vous annoncer que

LE 30 JUIN PROCHAIN, JE FERMERAI DÉFINITIVEMENT MON COMPTE TWITTER @KNACKSLASH, AU PROFIT DE MON NOUVEAU PROJET D’AMATEUR DE MOTS ET DE MUSIQUE, « LA VOIE DE SON MAÎTRE », matérialisé notamment par un nouveau profil Twitter, mon compte Facebook, mon blog Tumblr et ma page d’auteur sur le site du Jeu des Six Mots, afin de vous livrer, au fil de mes envies et de mes préoccupations du moment, des analyses ou des sélections de liens volontairement plus ciblées et abouties que ce qu’il m’a été donné de vous faire partager jusqu’à présent sur Twitter, sous le coup de l’instantanéité et de l’absence de recul inhérentes à ce média-là.

De quoi me redonner enfin, par ailleurs, non seulement le temps et les moyens intellectuels de réfléchir à la marche du monde sur le présent blog, en déshérence depuis bien trop longtemps pour mériter d’avoir encore des lecteurs abonnés à ses mises à jour, sans être constamment bousculé par les lois de l’immédiateté et de la superficialité, mais aussi, et je dirais surtout, le temps de reprendre toute ma place dans le vrai monde pour ne pas m’y retrouver totalement marginalisé et isolé à force d’avoir pris le virtuel comme la seule réalité qui puisse répondre à mes aspirations profondes !!!

 

Non : ceci n’est ni un poisson d’avril désespérément tardif, ni un avant-projet de cadeau pour le 38e anniversaire de mon ami d’enfance Kira Neris, prévu ce jour-là, mais simplement le fruit d’une lassitude grandissante à l’idée de passer des soirées entières à m’adonner à la vaine illusion de pouvoir infléchir le destin de l’Humanité en quelques clics, à la perspective de construire, avec certains de mes abonnés, des liens que la distance rend encore infiniment plus complexes et aléatoires que dans la vraie vie ; sans même que celle-ci ne profite vraiment de mon colossal investissement ! Concrètement, après une prometteuse phase d’expansion et d’épanouissement humain, grosso modo au premier semestre 2011, marquée par des rencontres inoubliables avec des personnes telles que ma très chère et fidèle amie Céline, Ceinwynn, notre Heidi des alpages aux talents si multiples, Denise Girard, acrobate des mots et des images, qui résiste aux aléas de la vie comme le fer à un simple feu de cheminée ou Madeleine Bleue, l’accélération des événements et l’aggravation substantielle des conflits et autres injustices dans le monde m’ont amené à m’engager bien plus radicalement que prévu sur la voie de ce que d’aucuns qualifieraient de web-journalisme ou web-militantisme, jusqu’à être tellement submergé, happé par le souffle de l’info en continu qu’avant même d’avoir eu le sentiment de contribuer un minimum à améliorer le sort de qui que ce soit par l’entremise de la toile mondiale et/ou de mes commentaires sur toutes sortes de faits d’actualité, moi, qui étais venu chercher dans l’univers des gazouilleurs de quoi partager et construire un monde d’amour, de confiance et d’espoir, dans le prolongement des rêves véhiculés par les Printemps Arabes et le mouvement des Indigné(e)s, je me suis trouvé, plus d’une fois, embarqué dans des dynamiques de haine, de confrontation, de colère et d’incompréhension ; sans compter les innombrables cauchemars ou nuits blanches que m’ont procuré à la fois les vidéos ou autres témoignages de la violence en Syrie et l’absence de toute perspective raisonnable d’un règlement pacifique à court terme par là-bas, a fortiori dans le contexte d’une région aux allures de poudrière où Israël et l’Iran auraient, à eux seuls, assez d’armes pour précipiter l’Humanité dans une 3e Guerre Mondiale, et où le dilemme entre la non-intervention de la Communauté Internationale au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et la constitution de groupes armés se donnant pour mission de faire chuter le régime du président Bachar Al Assad avec l’aide croissante de la Turquie, du Qatar et de l’Arabie Saoudite risque de devenir, très bientôt, synonyme d’une « afghanisation » profitant avant tout à des régimes pas franchement réputés pour leur attachement à la démocratie et au respect des Droits Humains !

 

Souvent, c’est aussi par amitié pour des personnes dont je me sentais particulièrement proche que je me suis impliqué dans des combats ou des régions du monde finalement bien éloignés de mes préoccupations quotidiennes ; rien de plus logique dans un esprit de partage, d’échange de connaissances ou de points de vue et de solidarité entre êtres humains susceptibles de s’enrichir de leurs différences ou de leurs souffrances respectives !!! Or, entre les personnes tellement enfermées dans leurs schémas mentaux que rien de ce qui leur est extérieur ne semble plus les affecter, les égocentriques, si avides de scoops ou d’infos à fort potentiel de diffusion qu’ils sont disposés à retweeter, si ce n’est piller ou plagier n’importe qui / quoi pour cultiver leur notoriété aux dépens des autres, les opportunistes chroniques qui ne me retweetent que lorsque j’ai la chance de croiser leur chemin au bon moment, c’est-à-dire lorsque je poste, quelques minutes après les avoir retweetés ou mentionnés, des contenus particulièrement susceptibles de leur plaire, mais qui auraient pu, tout aussi bien, m’ignorer pendant toute une soirée ou relayer un point de vue contraire au mien sans jamais se donner la peine de faire part de leur propre avis (sans doute parce qu’ils ne daignent même pas avoir d’opinion personnelle, un tantinet réfléchie), etc…, j’ai aussi eu, bien souvent, le malheur de devoir affronter les travers du genre humain dans mes relations plus personnelles avec certains de mes abonnés, avec, en prime, le fait d’avoir passé des heures à me servir de plus en plus péniblement du zoom d’écran de Mac OS X ou me faire lire du texte au moyen de VoiceOver, par une voix de machine au timbre encore bien trop robotique pour paraître humain à la longue, d’avoir dévoré jusqu’à 80 articles de bout en bout en une soirée pour m’assurer de leur qualité avant de les relayer là où d’autres ne se basaient que sur les gros titres pour remplir leur quota de tweets en quelques clins d’oeil… ! Dommage pour celles et ceux qui ont fait ou continuent à faire preuve de respect et de professionnalisme dans leur ouvrage, car, au vu du peu d’échos que trouvent parfois leurs écrits ou leurs liens par rapport à ceux de personnes qui se situent délibérément dans une optique promotionnelle=quasi-commerciale, leurs travaux sont parfois si mal récompensés que moi-même, je peine à les relever dans la masse / qu’ils ont déjà claqué la porte de Twitter longtemps avant moi, à l’instar de la regrettée Aube Walter, par exemple… !
De plus en plus polluée par une logique à peine moins capitaliste et oppressante que la télévision ou les médias traditionnels, à qui elle a d’ailleurs tendance à servir d’auxiliaire publicitaire plus ou moins bienveillant en assurant une large diffusion à leurs contenus (cf. les live-tweets des débats politiques), la twittosphère informationnelle devient une jungle où règnent les lois du plus fort, de la compétition, du buzz, de la critique systématique et du moins-disant intellectuel (pour ne pas dire la quasi absence de recul et de réflexion chez certains) ; et avant d’enterrer pour de bon toute envie de penser, de créer et d’écrire par moi-même, avant de perdre ma foi dans les mérites des réseaux sociaux, en général, avant de sacrifier complètement ma véritable identité et ma propre liberté d’expression à une nébuleuse de préoccupations ou d’intérêts qui finiraient par les desservir, si je n’y prenais pas garde, il est grand-temps que je me livre, ici et ailleurs, à une réaction de fond, proportionnelle en tous points à l’immensité des défis et aux évidents signes du destin !!!

 

 

Alors que les présidentielles françaises s’approchent à si grands pas que l’heure devrait être venue, pour chacun(e) d’entre nous, de s’interroger sur ce qu’ils/elle fera dès que l’incertitude et le vacarme de la campagne auront laissé place à la certitude d’un résultat, quel qu’il soit, j’envisage, pour l’essentiel, deux options :

  1. Soit la France, poussée au bord de l’implosion socioéconomique par 5 ans de national-sarkozisme et des décennies de mondialisation néolibérale rampante, se trouve effectivement à l’aube d’une nouvelle page de son Histoire, comme le suggère Jean-Luc Mélenchon (et François Hollande, dans une moindre mesure), auquel cas ma place n’est certainement pas exclusivement devant un ordinateur, mais beaucoup plus intensément sur le terrain, au contact des acteurs de la révolution populaire à venir ;
  2. Soit ce pays décide de reconduire Nicolas Sarkozy dans ses fonctions=d’accélérer son déclin et son délitement, ou de ne pas donner aux forces de progrès une majorité suffisante pour imprégner le quinquennat à venir de réformes qui soient à la mesure de nos défis, de faire primer le masochisme et les intérêts individuels sur notre destinée collective, auquel cas il me faudra bien assurer mes arrières, comme tout le monde, avant que nous ne prenions irrémédiablement le même chemin que la Grèce, si ce n’est envisager de m’exiler dans des contrées plus clémentes pour y refaire ma vie, de sorte que mes écrits ou mes actions risquent alors de s’adresser à un public quelque-peu différent de ce qu’il est aujourd’hui… !

Bref : d’une sorte de machine cérébrale relayant inlassablement les malheurs du monde par simple acquit de conscience / sentiment de culpabilité envers les autres, produisant des idées à l’échelle industrielle dans le vain espoir de rester dans la course de vitesse de mise à jour des tweets, il faut absolument que je sache redevenir un créateur de conscience, d’idées et de beauté, heureux et fier de son oeuvre, infiniment plus désireux et capable qu’aujourd’hui de faire partager cette dernière aux âmes de bonne volonté, infiniment plus apte, aussi, à en vivre, ne serait-ce que moralement !!!

Peut-être me remettrai-je, un jour, à refaire de la politique à plein-temps sur Twitter, mais à ce compte-là, probablement sous un tout autre pseudo, sans aucun lien avec ma véritable identité ou ma production actuelle, histoire de ne devoir ni m’enfermer dans les contingences éditoriales passées, ni faire montre de la moindre obligation de réserve envers les autorités de ce pays, dont certaines ont déjà été tentées d’utiliser ma dépendance financière à leur égard pour me mettre hors d’état de leur nuire ! Plus jamais, je ne commettrai l’erreur de m’abonner à près de 800 personnes (au point de ne plus arriver à suivre aucune d’entre elles dans ce véritable esprit d’échange et d’enrichissement mutuel qui m’est pourtant si cher…)

À moins de faire mien le principe selon lequel, au grand dam de toutes les grandes âmes, réelles ou autoproclamées, le seul et unique objectif de la politique est d’arriver à exercer autant de pouvoir que possible sur les autres sans que ceux-ci ne réalisent combien je m’y prends à leurs dépens / , de pénétrer dans cette caste des heureux élus dont l’Histoire ne manquera pas de retenir les noms, juste pour le principe de me venger à tout prix de n’avoir que trop vécu dans la soumission et l’anonymat, auquel cas il me faudrait néanmoins cesser, pour de bon, d’avoir le moindre scrupule à m’approprier, voire perfectionner certaines techniques d’autopromotion et de manipulation mentale grossière à l’égard des masses populaires : afficher une assurance et une arrogance à toute épreuve pour m’attribuer toutes les qualités possibles et imaginables, me dire victime de quelques dizaines de complots et de procès en diffamation pour susciter la compassion et l’admiration des masses, appliquer à ma timeline le summum de la démagogie manichéenne afin de déifier mes amis ou admirateurs / de diaboliser aussi bien mes adversaires que les indifférents, présumés mécréants ou autrement médiocres, accuser d’emblée mes détracteurs de tout ce qui pourrait mettre en péril la légitime supériorité et l’invincibilité morale de mon discours, quitte à m’aventurer résolument dans le registre du surnaturel, du spirituel, voire du divin, pour transformer mes propos en pure parole d’évangile et faire dire à Dieu ni plus, ni moins que ce qui m’arrange, mais que les réalités bassement terrestres ont la fâcheuse habitude d’infirmer… Au lieu de n’obtenir, au mieux, qu’une dizaine de retweets par soir, de la part de mes 640 abonnés, peut-être me suffirait-il alors de m’abonner à 600 twittos sans même m’intéresser de trop près à leurs écrits pour être suivi de très près par 5000 personnes, dont certaines rivaliseraient de zèle et de fanatisme pour témoigner publiquement de leur assujettissement volontaire à la suprématie présumée de ma prose providentielle, de donner des leçons à tours de bras avant même que les autres n’envisagent d’avoir à en recevoir, d’être encore plus médiocre et ordurier que ceux dont je dénonce la médiocrité ou les propos outranciers… Mais, puisque le succès d’une telle démarche ne pourrait reposer que sur une stratégie du fait accompli, intrinsèquement incompatible avec tout effet d’annonce, sur un suprême détachement d’avec mes convictions, mon amour des autres et ma façon de vivre au quotidien, dans ce qu’il est convenu d’appeler « la vraie vie », vous n’aurez désormais plus aucun mal à imaginer que ce n’est pas moi qui vous en dirai plus en mon propre nom, pour autant que me vienne, un jour, l’idée de passer effectivement des présentes paroles de science-fiction aux actes d’un jeu de rôle, beaucoup plus limité dans le temps que ne l’a été mon compte @knackslash, jeu dont la seule finalité serait, en vérité, de sensibiliser nombre d’entre ceux qui ne liront probablement jamais ces lignes à leur propension à succomber aux sirènes de la facilité intellectuelle, du suivisme, du mépris ou de l’intolérance, d’autant que la mise en pratique de ce plan machiavélique m’obligerait, dans un évident souci d’intégrité morale, à me sentir suffisamment en paix avec les autres et moi-même dans le vrai monde pour ne surtout pas finir par prendre un malin plaisir à me servir des univers virtuels pour sombrer à mon tour dans la fascination du pouvoir et de l’emprise sur autrui dans le réel… !

En espérant sincèrement que vous serez nombreuses / nombreux, comblé(e)s de bonheur et de curiosité à l’idée d’emprunter avec moi la nouvelle voie de mes méninges, je vous remercie chaleureusement de votre fidèle et amicale présence à mes côtés, vous embrasse bien fort et vous dis « à très, très bientôt », que ce soit par ici, ailleurs sur la toile ou dans la vraie vie !!!

Si le virtuel n’était qu’un doux rêve, et le retour au réel un réveil d’autant plus douloureux ? d’iCloud à l’orage de la désillusion…

Et si Apple ne produisait, en réalité, que les éoliennes de l’informatique du futur…, autrement dit, du vent transformé en juteux bénéfices au prix de notre liberté… ???

 

 

Parmi les nouveautés qu’Apple vient d’annoncer à la WWDC, ce lundi 6 juin, et dont j’aurai encore amplement le temps de vous reparler d’ici à ce qu’elles soient effectivement disponibles en version « grand public », je n’ai pas manqué de retenir le lancement imminent d’iCloud, service destiné à se substituer majestueusement à MobileMe en ce qu’il permettra non seulement de stocker toutes sortes de fichiers sur un disque dur virtuel, de synchroniser périodiquement quelques catégories de données, de mettre ses albums photos à la disposition d’un public plus ou moins restreint ou de monter un site Internet entièrement en osmose avec les fonctionnalités d’iWeb, mais surtout de déléguer en temps réel sa vie électronique tout entière aux « nuages », autrement dit à de gigantesques data centers disséminés sur l’ensemble du Globe, tant et si bien qu’il deviendra bientôt relativement secondaire de savoir au moyen de quel matériel y accéder puisque tout, y compris le tarif et les modalités d’utilisation du service, ne seront plus, pour nous autres clients finaux, qu’une simple question de logiciel ! À charge ensuite, pour des entreprises asiatiques sciemment reléguées au rang d’ateliers bon marché de la toute-puissante pomme croquée, de nous fabriquer illico les quelques résidus de hardware en guise de chaînons manquants entre ce qu’il reste de nos méninges et ce que leurs « nuages » aspirent à devenir : à savoir l’instrument privilégié d’une désintégration librement consentie de nos individualités dans le flux continu de l’uniformisation des consciences, instrument aux effets d’autant plus ravageurs que le nuage, auquel notre imaginaire prête volontiers cette extraordinaire aptitude à changer de forme, de contenance et de trajectoire quand bon lui semble, symbolise à lui seul notre ardent désir, à tous, de prendre de la hauteur pour transcender enfin les frontières, géographiques ou cognitives, de notre triste condition quotidienne… !

 

Loin de moi, l’idée de rejeter la mise en réseau de l’Humanité : sans les bienfaits de l’Internet, des moteurs de recherche, de projets collaboratifs tels que Wikipedia, des sites de streaming comme Youtube ou Last.fm, des portails des principales administrations ou entreprises de ce monde, jamais je n’aurais pu m’épargner autant de recherches ou de démarches fastidieuses, exercer aussi aisément mon rôle de citoyen libre et informé, accumuler et partager autant de connaissances en si peu de temps, découvrir autant d’artistes ou d’oeuvres de qualité échanger si fréquemment et facilement avec des personnes dont j’ignore parfois à combien de milliers de kilomètres elles se trouvent de chez moi… ! Jamais je ne pourrais espérer que quiconque ne me lise dans des contrées si lointaines, de sorte qu’il ne me resterait plus, à ce compte-là, qu’à faire tout autre-chose que de léguer les présentes lignes à votre appréciation, voire à une éphémère postérité ! De même, alors qu’il ne m’a pas fallu un an, à compter de ma première connexion à Internet en juin 1997, pour tomber sous le charme des achats en ligne (y compris, évidemment, auprès de l’incontournable iTunes Store, archétype de l’abondance facilement accessible grâce à la convivialité de ses rayons virtuels et à la fonction de paiement en un clic), malgré le bilan économique et écologique plus que douteux du commerce électronique, je serais très mal placé pour vouloir faire marche arrière treize ans plus tard. Mais de là à accepter de mon propre chef, sous l’effet de la mode et des pressions publicitaires, d’abandonner progressivement des utilitaires aussi intrinsèquement locaux que mon traitement de texte au profit d’une version « cloud » qui stockerait en ligne la moindre de mes manipulations de clavier dans l’unique éventualité où je sois pris d’une soudaine envie de commencer cette phrase sur mon iMac, de la poursuivre sur mon MacBook Pro et d’y mettre la dernière main de maître sur mon iPhone 4, à troquer le cadre protecteur de mon ordinateur de bureau contre une confidentialité toute relative sur des serveurs distants dont je ne contrôle ni le fonctionnement, ni le niveau de sécurisation, à monnayer de la musique ou des livres réputés à bas prix (mais loin d’être bradés pour autant, compte tenu de la modique rémunération des auteurs et les faibles coûts de reproduction à l’unité), disponibles partout et sur tous mes supports à la fois, contre la traçabilité universelle de mes habitudes de consommation auprès d’une entreprise avançant avec détermination sur la voie d’un monopole mondial encore plus puissant et répressif envers les artistes que nulle autre major de l' »ancienne économie », il y a comme un abîme que j’ai l’intime conviction de ne pas avoir intérêt à franchir de sitôt, persuadé que de confier une trop grande part de vie privée à des appareils physiquement invisibles, parce que situés hors de ses murs, serait presque aussi fantaisiste que d’extirper l’esprit du corps ou de faire briller le Soleil en pleine nuit en-dehors du Cercle Polaire…

 

Bref : même si ces lignes me paraîtront peut-être ridiculement réactionnaires dans quelques années parce que mes élans geekesques et sociaux-conformistes auront eu raison de moi, j’ai comme l’impression qu’il y a, derrière cette vision idyllique des nuages électroniques portés par un vent de liberté, l’évident signe précurseur d’un violent orage de déshumanisation, qu’après le doux rêve de liberté, de communication tous-azimuts et de consommation facile, viendra le cauchemar de la perte d’identité, qu’aux ténèbres de l’inconscience collective organisée succèdera le réveil douloureux de la conscience de ne plus maîtriser notre destin, que ce soit en notre qualité de Non-Américains librement soumis à des mastodontes de droit californien, ou en tant qu’individus de plus en plus contraints à des formes de « socialisation » obéissant aux seules desiderata d’un oligopole médiatique planétaire qui risque de faire passer Rupert Murdoch pour un enfant de chœur dans une dizaine d’années si nous ne cherchons pas, dès à présent, à en limiter le pouvoir au strict nécessaire !

 

 

Voilà pour Apple, actualité oblige, mais il est bien vrai que cela pourrait tout aussi bien s’appliquer aux produits et services de ses concurrents, à commencer par Facebook, Twitter, Microsoft ou Google, tant ces entreprises-là participent à leur façon de cette même logique impériale. En tous cas, n’hésitez pas à me faire part de votre point de vue, surtout si vous êtes de celles / ceux qui trouvez votre compte dans les services de cloud computing, et souhaitez m’en présenter quelques avantages ! D’ici là, bonne continuation, et à très bientôt pour une deuxième partie, beaucoup plus personnelle !

Twitter 1.0 : mon irremplaçable amitié avec Céline, les Printemps Arabes et ma brève envi de me remettre à écrire…

Première partie de ma trilogie twittérienne en devenir, actualisée en dernier lieu le 29/03/2014, dont vous pouvez également lire dès à présent le prologue et le deuxième volet

Il y a des jours où Twitter m’a semblé si dépeuplé, tant elle me manque, ma si chère Céline, depuis ce 23 juin 2013 où elle y a posté son dernier message… Mais aussi longtemps qu’elle ne perdra pas sa raison d’exister et de lutter dans le vrai monde, moi non plus, je n’aurai aucune raison de vous abandonner !!!

Cliquez ici si la vidéo ne se lance pas ou si vous préférez la visualiser en grand format à la source !

Il était une époque, pas si reculée qu’elle n’en a l’air, où ma rage d’écrire et de partager avec l’Humanité les moindres fruits de mon hyperactivité cérébrale se manifestait avant tout par la rédaction d’articles de blog où de textes prédestinés à atterrir au musée des œuvres électroniques négligées, faute d’être tombés entre les mains, les yeux ou les coeurs de lecteurs assez curieux, patients, attentifs et bien intentionnés à mon égard, mais dont je continue néanmoins à assumer discrètement la paternité et le contenu pour y avoir consacré tellement de temps, de fougue, de passion et d’engagement personnel. Puis, il y a un an, environ, est arrivée cette phase où la célèbre plateforme de microblogging Twitter a pris tant d’importance dans mon existence virtuelle que j’en ai presque oublié la possibilité de communiquer autrement que via des messages de 140 caractères, prolongés, le cas échéant, par des publications sur TwitLonger ou Amplify.com, subjugué que j’ai soudain été par l’incroyable perspective d’entraîner d’illustres inconnus dans les dédales de ma pensées sous une forme plus accessible au commun des mortels et d’aborder, quasiment en temps réel, au rythme de mes réflexions et des rebondissements de l’actualité, une palette de sujets assez vaste pour couvrir avec une régularité de métronome à peu près tous mes centres d’intérêts, sans réprimer pour autant mes envies de créativité et d’originalité en décidant, par exemple, au paroxysme de mon épanouissement, de live-tweeter les déboires de l’équipe de France et le déroulement des principales rencontres de la Coupe du Monde de football sous forme d’alexandrins, avec un léger parti-pris pour la sélection allemande en raison de mes racines familiales germaniques…

Puis, un certain mercredi 1er décembre dernier, alors que ma vie, qui avait déjà relevé de la descente aux enfers depuis le non-renouvellement de mon contrat de traducteur à la Commission européenne en mai 2001, semblait condamnée à se résumer aux ténèbres éternelles parce qu’un charlatan d’ophtalmologiste, pour qui la carte de son parti comptait infiniment plus que la dignité de ses patients, avait décidé de sacrifier progressivement l’acuité visuelle du seul œil qu’il me reste pour me faire payer au prix fort les quelques activités associatives que j’avais menées avec ses adversaires politiques dans les années 1990 et mon refus de me faire jeter sans autres formalités dans la catégorie des aveugles complets, encouragé en cela par son statut de conseiller général en lien direct avec tout ce que le Département compte de structures administratives et d’associations de personnes handicapées à la solde des pouvoirs publics, capables de me pourrir l’existence au quotidien en vertu d’une « vision » totalitaire de la déficience visuelle, selon laquelle la cécité intégrale constituerait le seul remède valable à la pathologie de la malvoyance profonde, et les tracas à répétition autour de mes allocations une réponse adéquate à mon désir de discerner encore un tout petit peu plus qu’ombre et lumière…, alors que mon unique salut, / la perte de tout espoir sérieux de guérison dépendait, à ce moment-là, d’un rendez-vous chez le Pr Sahel, spécialiste de réputation mondiale, accessoirement conseiller scientifique attitré de la sacrosainte Fédération des Aveugles de France, en mesure de calmer les ardeurs du Conseil Général et de l’association locale des aveugles en cas de besoin…, rendez-vous pris, de surcroît, pour un certain lundi 13 décembre, jour de la sainte patronne de la lumière, ma route a soudain croisé, au détour de son abonnement à mon flux Twitter, celle d’une dénommée Céline, dont la simple présence a suffi à aiguiser ma curiosité en raison d’une étrange cabriole de VoiceOver, l’utilitaire de lecture d’écran par synthèse vocale intégré à Mac OS X…

Imaginez, en effet, qu’une voix de synthèse, pour humaine que soit, vous restitue le contenu d’un site web, ligne par ligne ou, au mieux, un paragraphe après l’autre, et qu’elle s’exclame soudain « Céliiiiiiiiine !!! », dans toute la mesure permise par les prouesses d’une machine, à la lecture d’un pseudo Twitter composé du prénom « Celine » (sans accent aigu) et d’une série d’idéogrammes chinois parce qu’elle prend ces caractères « non-standards », étranger à l’alphabet latin, pour des espèces de mélanges entre points d’interrogation et d’exclamation, un peu comme si je vous disais, d’un air à moitié angoissé, à moitié agacé: « Mais qu’est-ce que tu fabriques, Celiiine ???!!! Ça fait trois heures que je t’attends ! » ! Comment ne pas être particulièrement attentif à chacun de ses messages dans ces conditions-là, indépendamment de leur teneur, et ne pas prendre toute une soirée à les décoder à un moment où je ne voyais même plus assez clair pour activer mes droits d’accès au match en retard de Ligue 1 OM-Rennes via mon décodeur TV ?

Tiré de ma léthargie extrême, de cette sorte d’état second où je végétais d’un jour à l’autre dans l’attente du verdict médical, quelque-peu amusé et agréablement distrait par ce curieux bug technologique, aussi belge que le fabricant de ma synthèse vocale, motivé à remobiliser mes dernières forces à la découverte de ses écrits, j’ai donc été particulièrement intrigué et captivé par l’éclectisme de son fil Twitter, sa capacité à lancer d’interminables discussions sur la base de quelques phrases postées inopinément, sans cohérence évidente entre elles, et son art de manier si élégamment les armes du rire, des jeux de mots, des slogans détournés, des observations et des anecdotes diverses dans un souci évident de « provocation positive », c’est-à-dire pour susciter des réactions sans jamais créer un climat d’incompréhension, d’intolérance, de haine ou de mépris…, avant de me résoudre à dévorer goulument son blog en bon amateur de gastronomie littéraire fine et d’y laisser, illico, le premier d’une longue liste de commentaires passionnés, empreinte numérique initiale dont je suis encore on ne peut plus fier à l’heure qu’il est, un exploit pour qui sait combien je suis souvent tombé de très haut dans mes rapports avec les autres, notamment les femmes (mais là, pour une fois, même mes attentes les plus folles ont bien fini par être dépassées, car jamais je n’aurais pensé être à nouveau apte à faire d’une femme, objet de méfiance sui generis, une vraie amie dont je ne supporterais plus de me passer à l’heure qu’il est).
Le propre des relations humaines étant d’obéir déraisonnablement à des raisons que la Raison ignorera à jamais, autrement dit, d’être irrationnelles et fondamentalement inexplicables, il se trouve que ce sont, tout d’abord, mes lectures et cette façon si engageante de Céline de me mettre en confiance qui m’ont incité à la considérer comme une véritable amie, tellement pus proche de moi que beaucoup d’autres personnes dans la « vraie vie », et à lui faire part, bien trop vite et brutalement, de tout ce que j’avais sur le cœur depuis des années, au risque de trop lui en demander d’emblée et de lui donner une occasion en or de reprendre son chemin en quelques clics grâce à l’anonymat et au caractère intrinsèquement furtif des rencontres sur la Toile. Mais son exceptionnelle grandeur d’âme a précisément consisté à ne pas me fuir dès la première occasion d’être mal à l’aise avec moi, à faire tout son possible pour ne pas répondre par la violence gratuite à un flot de paroles que mon état de surtension nerveuse chronique avait souvent rendu assez violent et agressif, à ne jamais profiter, et encore moins abuser de ma position de faiblesse pour exercer sur moi un pouvoir autre que celui de la fascination et de l’exemplarité morale, à ne ménager aucun effort pour dépasser ses propres appréhensions, à me faire transformer la force de ma colère et de mon désespoir en autant d’énergie positive et créatrice, à me faire croire à une issue heureuse, génératrice de perspectives nouvelles, à me rester plus fidèle que jamais, allant jusqu’à être la première personne à écrire sur ma timeline publique, en guise de vœux de Nouvel An: « j’aime beaucoup te lire; suis heureuse et fière de te compter parmi mes amis! », à m’écouter, me conseiller et m’offrir le simple réconfort de sa présence quotidienne, parfois via l’échange d’une bonne dizaine de messages privés par jour, à accomplir l’incroyable prouesse de me détendre et me faire rire pour m’amener à dédramatiser, de temps à autres, le poids de ces heures si lourdes que je sentais passer chaque seconde, et à être au fait de certaines choses dont peu de gens ont pu ou voulu prendre conscience auparavant. Alors, s’il va de soi que cela n’allait avoir aucune incidence sur ma situation médicale objective, assortie d’une angoisse existentielle de plus de quatre mois parce que personne n’osait plus rien prévoir (diagnostic d’une cataracte à Paris, renvoi chez un collègue du Pr Sahel à Strasbourg afin de réaliser des examens complémentaires préalables à toute opération au plus près de mon domicile, histoire d’éviter les allers/retours incessants en TGV Est, indices d’un léger décollement de rétine de nature à compromettre sérieusement la faisabilité de l’intervention, deux mois d’attente pour obtenir un créneau d’IRM dans notre charmante capitale européenne, pour lever l’incertitude quant à l’état de ma rétine et décider, au final, de tenter l’opération envers et contre tout, le mercredi 20 avril…), il n’empêche que j’avais probablement besoin de contacts si chargés en émotions fortes et sincères pour continuer à éprouver le courage et l’envie de mener le perpétuel combat de la vie, mais que Céline, à elle seule, ne serait jamais arrivée à m’aider à créer un environnement virtuel serein, paisible, positif et attrayant si nos échanges avaient continué à fonctionner en vase clos, et n’avaient eu de public que les apparences !

C’est pourquoi je n’ai alors pas tardé à chercher activement, dans son entourage, mais pas seulement, d’autres personnes avec qui je puisse créer, par la fabuleuse entremise de l’écriture, le seul endroit sur Terre où l’on me juge encore davantage sur mes idées et mes qualités humaines objectives que sur les dommages collatéraux d’un handicap de plus en plus lourd à porter, indépendant de ma volonté; avec un succès si flagrant que ce qui me semblait tenir, au départ, d’une sorte de « shoot de fin de soirée » (comme d’autres réclament leur dose journalière de stupéfiants) s’est vite transformé en une expérience unique que j’espère bien pouvoir poursuivre encore longtemps, notamment sur l’espace supplémentaire offert par le présent blog.

Galvanisé par la dynamique révolutionnaire de toutes celles et tous ceux qui, des régions françaises affectées par les permis d’extraction de gaz de schiste à la Place Tahrir du Caire, ont eu le courage de se soulever contre ce qu’on leur présentait pourtant comme l’essence même du destin de la Société, réconcilié au moins partiellement avec le genre humain pour avoir perçu, chez certain(e)s de mes semblables, des relents d’aspiration à un monde meilleur, plus humain, solidaire et supportable, ou simplement moins hostile aux plus vulnérables d’entre nous, pressé d’en découdre avec la tyrannie d’un corps qui avait fini par prendre l’ascendant sur les vestiges de normalité socio-biologique que mon esprit s’acharnait à conserver par un sain instinct de survie, impatient de mettre toutes les chances de mon côté pour étendre à l’univers réel l’atmosphère positive et libératrice que j’avais réussi à créer autour de ma présence sur Twitter, je m’étais habitué à l’idée que malgré les faibles chances de succès que l’on me prédisait à la suite de mon opération du fait de sa complexité, le pire serait de laisser les choses en l’état pour le seul bonheur de ceux qui réclamaient déjà ma tête de mon vivant. C’est donc avec un soupçon de résignation dans la perspective d’un échec, mais réchauffé par la flamme de l’espoir et la sensation de ne pas être entièrement abandonné à mon sort, pour avoir reçu tant de marques de soutien, d’affection et de tendresse de la part de personnes dont certaines habitent à l’autre bout du Globe, que je suis parti me faire opérer en ce mémorable 20 avril, pour quitter l’hôpital dès le lendemain, sous de premiers signes plutôt encourageants, bien qu’il m’ait fallu près d’une semaine pour réaliser combien la situation s’était réellement améliorée… Autant dire que pour moi, le 21 avril revêt enfin une signification infiniment plus heureuse que ce souvenir, continuellement réchauffé par l’actualité, de ce triste dimanche où Jacques Chirac s’était un peu trop bien servi de Jean-Marie Le Pen pour écarter Lionel Jospin du second tour de la présidentielle et se faire élire avec un vrai score de république bananière, que je n’ai jamais pris autant de plaisir à célébrer Pâques, cette magnifique fête du renouveau et de l’espérance retrouvée !!!

Certes, mon gain d’acuité visuelle reste assez limité par rapport à ce que je percevais il y a une petite quinzaine d’années, de quoi enterrer, à court et moyen terme, le rêve de mener une vie proche de celle d’un bien-portant, de passer le permis de conduire pour être totalement indépendant dans mes déplacements au lieu de m’en remettre à quelques âmes charitables motorisées, aux taxis ou aux transports en commun sur des trajets hors de portée de mes pieds, et de reprendre une activité professionnelle normale sans devoir cumuler un triple handicap (ne pas être assez productif pour satisfaire aux cadences infernales du marché de la traduction, me le faire reprocher sans arrêt par une clientèle exigeante et pointilleuse par nature dont le but n’est en rien de donner dans le social ou l’humanitaire lorsqu’elle me confie une mission, gagner quelques centaines d’euros de moins par mois qu’en percevant des allocations qui ne devraient même pas être soumises à des plafonds de revenus si l’État prenait à la lettre ses beaux discours sur l’intégration sociale ou l’égalité des chances). Mais il n’empêche qu’en cette seconde moitié de printemps 2011, à un moment où les cicatrices de l’opération sont suffisamment bien guéries pour me mettre enfin en mesure de goûter immodérément aux fruits de la réussite médicale, je parviens à nouveau à lire et trier mon courrier à l’aide d’un dispositif capable d’agrandir jusqu’à 30 fois les caractères d’imprimerie, à utiliser occasionnellement le zoom de Mac OS X en vue de pousser enfin les portes de tous ces sites bourrés d’animations Flash et autres réjouissances multimédias qui me restaient au moins partiellement inaccessibles jusqu’à présent, à contempler la variété des couleurs et des formes d’arbres ou de plantes que la Nature nous offre en ce moment, à m’orienter au moyen de quelques repères visuels au lieu de m’en remettre quasi systématiquement à la canne blanche, outil stigmatisant s’il en est ! Et quoi qu’en disent tous ceux qui ont des idées bien arrêtées sur la question, à commencer par ces despotes de la cécité que les pouvoirs publics ont volontairement placé à la tête d' »associations représentatives » censées faire la pluie et le beau temps en leur nom en échange de subsides pour le moins généreux, quoi qu’en disent ceux qui n’ont eu de cesse d’attendre qu’un « faux aveugle » comme moi perde enfin toute raison de faire bon usage de sa vue et s’excuse éventuellement de ne pas encore s’être crevé l’oeil de sa propre initiative pour précipiter l’évolution naturelle des choses, quitte à éteindre définitivement en moi la lumière du respect de ma propre vie à force d’avoir voulu m’imposer, outre la cécité physique, celle de leur propre esprit, chacun de nos sens est si inestimable que de retrouver mon aisance cognitive d’il y a cinq ans, environ, me rend enfin ma fierté d’exister, me redonnant ainsi la possibilité d’appliquer à la « vraie vie » la démarche droite, ferme et assurée que tant de personnes avaient déjà su admirer en moi via les mondes virtuels de Twitter ou Facebook !

En conclusion: s’il y a de fortes chances que je ne ressorte pas indemne de tout ce que j’ai subi depuis de trop longues années, que je ne pardonne pas de sitôt à la Société de m’avoir refusé des droits humains aussi essentiels que celui de bénéficier des progrès de la médecine, que je mette encore beaucoup plus longtemps à pardonner au « monde des aveugles » (ou du moins à ses représentants si bien en place) d’avoir nié ma légitime aspiration à tirer pleinement parti de la multiplicité de mes sens, comptez néanmoins sur moi pour appliquer à la lettre cette phrase de Céline à laquelle j’ai repensé dès le réveil de l’opération, alors qu’on avait oublié de me prévenir que l’oeil serait recouvert d’une coque opaque afin de le protéger de la lumière = que je me retrouverais totalement plongé dans le noir, qui m’avait alors valu de m’exclamer « Céline, aide-moi !!! » quelques secondes plus tard, faute d’avoir su formuler plus rationnellement ma peur que tous les efforts aient été vains…, cette phrase qui devrait sonner comme une évidence si seulement nous ne vivions pas dans un monde où l’Humanité a décidé de faire triompher l’obscurantisme pour accélérer son autodestruction :

Nous sommes tous des aveugles sans notre âme qui est notre lumière

!

Car si à toute chose malheur est bon, j’espère, au moins, que mes souffrances auront fait grandir mon âme, et que de recouvrer un peu de vue me rendra toujours plus vigilant, plus attentif à ce qui se passe autour de moi, plus intolérant envers l’intolérance, méprisant envers le mépris et intraitable avec toutes les idéologies qui se réduisent à propager la haine !!!

Tel sera aussi l’objectif de ce blog à l’avenir; alors, après avoir suivi mon chemin de croix, rendez-vous très bientôt pour y parcourir une longue route pavée d’eau de prose !!!

>En ce 4 avril 2010, joyeuses Pâques à tous, et bonne fête à vous autres bloggeurs, disciples de Winston Smith malgré vous, qui résistez encore à "La Vague"

>Visitez mon profil Technorati !

En effet, s’il est encore une journée chargée de signes évidents du destin, dans la droite ligne du samedi 27 mars dernier, c’est donc bien ce dimanche 4 avril 2010.

1. C’est aujourd’hui que les Chrétiens du Monde entier (y compris les Orthodoxes, dont le calendrier coïncide exceptionnellement avec le nôtre) s’unissent pour célébrer Pâques, cette fête du renouveau, de l’espoir, de la chaleur, de l’abondance, de la fécondité et de la joie de vivre, qui devrait marquer d’une empreinte solennelle la renaissance spirituelle et affective de l’Humanité à l’issue d’une période de glaciation, de déprime et d’usure que le Vendredi Saint vient enfin de clore en apothéose dans la mesure où ses multiples processions, chemins de croix et autres manifestations d’autoflagellation ou de pénitence collective symbolisent bien, à l’extrême, tout ce que les Hommes, enfermés dans une société qui ne leur accorde guère le temps de rêver à un avenir meilleur, sont aujourd’hui prêts à endurer pour survivre, améliorer leur ordinaire ou forcer le respect de leurs semblables, tout ce avec quoi nous aimerions tant découdre pour nous accorder plus souvent, si ce n’est quotidiennement, quelques instants de douceur et de plaisir, à l’image de ceux qu’il nous a probablement été donné de goûter en savourant les rituels œufs en chocolat…

2. Mais le 4 avril se trouve également avoir été ce fameux jour de printemps où George Orwell situait le début de son mémorable roman de politique-fiction, « 1984 », dont le héros, un certain Winston Smith, persécuté par un système totalitaire préfigurant à souhait les dérives qui pourraient emporter la France dans le tourbillon de la Réaction néofasciste d’ici quelques années sous l’influence destructrice de notre Big Brother présidentiel, a commencé à entrer définitivement en résistance mentale contre le système en consignant ses pensées, ses états d’âme, sa haine et ses élans d’espoir dans un journal illusoirement intime que le Parti semblait, en réalité, arriver à lire en temps réel pour traquer ses pensées déviantes, entretenant ainsi un lointain ancêtre de nos blogs ou profils Facebook d’aujourd’hui, qui, pour autant qu’ils remplissent parfaitement leur fonction d’exutoires, d’espaces de liberté virtuelle et de lieux destinés à véhiculer des états d’esprits aussi divergents que la profondeur d’analyse absolue ou le néant joliment enrobé d’animations Flash, n’en sont pas moins placés sous le contrôle quasi permanent de la Société, qui peut s’en servir avantageusement pour savoir à notre sujet à peu près tout ce qu’elle pourrait retourner contre nous. Car oui : qu’on le veuille ou non, et bien que l’Internet reste un formidable lieu d’expression, de partage, d’épanouissement ou de divertissement en ce qu’il rend viables des projets comme Wikipedia, AgoraVox, Youtube, MySpace, Twitter ou des plateformes de jeu en ligne, de manière à décloisonner des connaissances, des pratiques ou des opinions autrefois confinées à quelques cercles d’érudits, les TIC sont désormais avant tout les armes de prédilection des dictateurs ou des fournisseurs de pensée unique entretenant savamment quelques rivalités de façade (cf. conflit Google vs. Chine, qui me fait un peu penser à ces affrontements géostratégico-économiques permanents, ne tenant ni de la raison, ni même d’une idéologie sérieuse, qu’Orwell avait déjà anticipés en 1948) pour continuer à donner au cyber-consommateur, vache à lait du système à l’insu de son plein gré, le sentiment d’avoir encore pour longtemps un choix fondamental entre des offres de contenus ou de services à la fois riches et variées, tout en uniformisant sciemment ses modes d’action, de réflexion et de comportement à l’échelle mondiale, selon la seule, unique et toute-puissante matrice néolibérale. Puisse donc chacun d’entre nous, en ce jour de Pâques, symbole d’espoir et de renouveau, trouver en quelque disciple de celui qu’Orwell avait conceptualisé sous le nom d’Emmanuel Goldstein – l’ennemi naturel du Grand Frère -, sa propre raison de vivre autrement, plus dignement que dans un système aussi inique et destructeur que le nôtre, quand bien même ses convictions seraient assez puériles ou naïves pour être vouées à l’échec au vu de la surpuissance de l’Empire, et puisse donc le 4 avril devenir, en l’honneur d’Orwell et de son Winston Smith, une journée mondiale de réflexion et d’action autour de la nécessaire pérennité des blogs, des réseaux sociaux et d’une démocratie aussi participative que possible…!

3. Et pour vous montrer que ma méfiance à l’égard du potentiel dictatorial et avilissant des régimes contemporains est loin de n’être que pure paranoïa antisarkoziste, anticapitaliste ou néo-anarchiste non assumée, je ne peux que vous inviter, à défaut de (re)lire « 1984 » en citoyens avertis, à jeter un œil attentif sur le film « La Vague », abondamment rediffusé sur Canal + ces temps-ci, qui montre bien, sur un air de fiction vaguement récréative mettant en scène des lycéens en mal de projets, attirés par les expériences pédagogiques incontrôlables d’un professeur manifestement avide de reconnaissance et d’autorité, combien il semble facile, même dans une Allemagne pourtant blindée contre les excès du nazisme et du stalinisme à force de s’être interrogée bien plus que d’autres sur la douloureuse histoire de sa culpabilité collective sous ses divers régimes totalitaires, de captiver des jeunes de toutes origines et de tous degrés d’intelligence pour en faire des monstres en puissance. Et à ceux qui m’objecteraient qu’il ne s’agit là que d’un film de plus, bourré de stéréotypes sur des lycéens désoeuvrés et sur une Allemagne vieillissante, un peu trop imprégnée d’on ne sait quels ténébreux égarements libertaires au contact de Joschka Fischer ou Daniel Cohn-Bendit au lendemain des « années folles », qui n’aurait rien de mieux à faire de ses rejetons que de les laisser choisir entre zoner sur MSN et adhérer au NPD en l’absence d’alternatives raisonnables à la vacuité de l’espace public depuis que les contestataires post-soixante-huitards précités sont rentrés dans le rang de la bienséance et du jeu institutionnel, je dirais simplement que même derrière les éternels raccourcis dramaturgiques qu’implique le fait de faire tenir un scénario en 90 minutes chrono se cache une réalité inquiétante qui vaut aussi bien pour l’Italie de Berlusconi, l’Amérique d’Obama, la Belgique d’Yves Leterme ou la France de Sarkozy: il suffit d’une bonne dose de chômage, de tensions sociales, d’insécurité, supposée ou réelle, de racisme, d’intolérance, de niaiseries télévisuelles, d’arrogance et de violence, verbale ou physique, pour faire exploser la cohésion de la Nation ou de toute autre entité constituée sur des bases qu’elle croit encore inébranlables au moment même où les premières menaces existentielles s’abattent sur elles, tel un déluge dont tous s’acharnent à sous-estimer la gravité, au point de nous faire inconsciemment préférer la dictature la plus sanglante à la démocratie la plus authentique. « La Vague » ne déferle donc pas sur nous comme une vérité absolue, mais c’est un bon point de départ pour réfléchir plus avant sur la solidité de nos propres convictions morales à l’heure où le statut importe bien plus que la stature ; et puissent donc, au sortir d’un dimanche de Pâques où le concept de fécondité aurait dû être tout particulièrement à l’honneur, féconder en vos fertiles méninges les germes d’une résistance nouvelle, massive et revigorée aux manœuvres les plus perverses de nos oppresseurs!!!