>Un an après, la France à l’heure du "néo-sarkovatisme"

>S’il est une commémoration qui n’aurait jamais dû avoir lieu, c’est bien celle que notre pays vient de célébrer / subir en cette nuit du 6 au 7 mai 2008. Car, oui, cela fait à présent un peu plus d’un an, déjà, que nous avons assisté, impuissants ou fous de joie selon nos convictions respectives, aux premiers soubresauts de la présidence de Nicolas Sarkozy, après que celui-ci eut été élu à la magistrature suprême au deuxième tour de scrutin par un score sans appel de 53%, du jamais vu depuis le Général De Gaulle. Non pas qu’il soit d’un intérêt historique transcendant de se souvenir que ce soir-là, notre tout nouveau président, fidèle à son amour de la mise en scène et du show-business, préféra réserver sa première « intervention publique » à un parterre de supporters, journalistes, stars de cinéma et autres personnalités de haut rang dans un grand hôtel parisien avant de se faire porter en triomphe sur la Place de la Concorde pendant que Mireille Mathieu entonnait à sa gloire une Marseillaise qui raisonnera encore longtemps à nos oreilles, telle l’ouverture d’une tragédie néo-wagnérienne des temps modernes en l’honneur d’un pays qui entra alors en guerre contre lui-même et le reste de l’Humanité au lieu de continuer à donner corps à ses valeurs universelles et sa devise républicaine, que ce même président en devenir, pour qui les ficelles de la mégalomanie, du mépris et de l’appartenance à la jet set mondiale n’avaient déjà plus aucun secret, ne tarda pas à s’éclipser lâchement sur un yacht de luxe au large des côtes maltaises, quitte à abandonner au vulgus pecum, qui l’avait pourtant si brillamment élu à la force de ses convictions quelque-peu sincères, le soin de se recueillir sur la tombe du soldat inconnu à l’occasion des cérémonies du 8 mai, et que votre humble serviteur, écœuré par avance par la funeste tournure des événements, décida de se mettre en congé postélectoral d’une France qui venait de lui infliger, de par le verdict des urnes, l’un des pires moments de ses 34 ans de vie, au risque de cautionner sous forme d’un séjour de 2 semaines sous les palmiers de Zarzis, à 50 km. Au sud de Djerba, un régime tunisien auquel Nicolas Sarkozy décernera implicitement, quelques mois plus tard, la palme d’or du respect théorique des Droits de l’Homme… Mais voilà: comme il se trouve que nous autres Humains sommes particulièrement friands de dates et autres symboles fatidiques et que le cap du premier anniversaire constitue une bonne occasion de faire un bilan d’étape mûrement réfléchi, je me devais bien, mois aussi, de vous livrer quelques commentaires et analyses critiques sur l’ampleur des dégâts en Sarkozy un an après l’élection, bien que cet exercice me dégoûte profondément en mon fort intérieur, tant il y a désormais de choses dans lesquelles je croyais inébranlablement il y a encore quelques centaines de jours, et que le « système Sarkozy »,, c’est-à-dire l’action combinée de la nouvelle majorité politique française, des médias et autres agitateurs d’opinion / promoteurs de réformes tous-azimuts aux allures un tant soit peu réactionnaires et de citoyens dont les phantasmes les plus inavouables appelaient finalement de leurs vœux un sorcier de l’esprit aussi féroce que le St-Nicolas des temps modernes, aura fait voler en éclat en moins de temps qu’il ne fallait pour le craindre et transformer ses angoisses existentielles en élans de colère…!

Du coup, pour ne m’en tenir qu’à quelques gouttes de venin dans un océan d’ignominies, autrement dit, à une évaluation résolument partielle et partiale des dommages collatéraux du choix des Français sur la base des promesses de campagne les plus médiatisées et de mes principaux centres d’intérêts, disons que cette première année du quinquennat pourrait se résumer ainsi:

– Comme il fallait s’y attendre, le fameux slogan « travailler plus pour gagner plus », que notre cher président avait réussi à populariser auprès des masses laborieuses en perte de pouvoir d’achat en spéculant sciemment, et avec succès d’ailleurs, sur leur fâcheuse tendance à appréhender les promesses électorales avec une mémoire suffisamment sélective pour n’en retenir que l’expression « gagner plus », donc la perspective de se trouver prochainement au centre d’un cercle vertueux à base d’augmentations salariales généreuses et de baisses d’impôts conséquentes, s’est concrétisé, non pas de manière positive pour ces millions de compatriotes d’ores et déjà au bord de la faillite socioéconomique, mais dans ce qu’il a de pire et de plus redoutable, à savoir que sa mise en œuvre entraînera non seulement l’inéluctable disparition de la semaine de travail de 35, voire celle de 39 heures, au profit d’une défiscalisation, donc d’une dépénalisation globale des heures supplémentaires et autres pratiques de surexploitation systématique des travailleurs, mais aussi, et c’est bien là encore plus inquiétant et symptomatique de cette logique d’exacerbation de la concurrence et de la guerre économique mondiale en vertu de laquelle nous serions condamnés à accepter toujours plus de sacrifices et de responsabilités personnelles pour espérer survivre à notre prochain, une remise en cause fondamentale des acquis sociaux de ces cent dernières années, à commencer par des avancées aussi spectaculaires que le régime général de la Sécurité Sociale. Ce qui l’a d’ores et déjà conduit à partir en croisade contre le contrat de travail à durée indéterminée (CDI), l’encadrement juridique des licenciements et les services publics, que le patronat et les élites néolibérales accusaient de longue date de tous les maux, comme pour mieux esquiver un débat de fond, ô combien indispensable en ces temps de crise structurelle majeure, sur la nécessité, le niveau et les instruments de la croissance économique / les véritables obstacles à notre compétitivité et au maintien de notre tissu industriel, à criminaliser et marginaliser tous ceux (chômeurs, étudiants, personnes hautement qualifiées aux prétentions salariales réputées excessives, personnes sous-qualifiées, jeunes, seniors, familles nombreuses, infirmes, handicapés, etc.), qui, pour des raisons souvent antagonistes et difficilement généralisables à une catégorie socioprofessionnelle donnée, ne concourent pas pleinement au bon fonctionnement du marché du travail, tels que le conçoivent les Sarkozistes bien-pensants, et qui finiront toujours par se voir reprocher plus ou moins explicitement d’abuser de la solidarité nationale ou de la bonne volonté des employeurs pour faire valoir des droits jugés démesurés aux vus des efforts de « la France qui travaille », et à faire adopter à la hussarde une cohorte de réformes fiscales que presque tout citoyen rationnel non encore endoctriné par l’UMP (y compris Jean Arthuis, l’ancien ministre des finances d’Alain Juppé, que l’on ne peut donc pas vraiment taxer d’un amour indéfectible pour les thèses redistributives de gauche), juge injustes, car trop favorables à certaines catégories de contribuables aisés qui auraient amplement moyen de se passer de telles largesses. En clair, et si l’on ajoute à cela le scandale des franchises médicales, entrées en vigueurr depuis le 1er janvier dernier dans le but officiel de financer la lutte contre la maladie d’Alzheimer et le cancer, mais qui sont, en réalité, reversées au budget général de l’Etat dans le vain espoir d’en camouffler les déficits abyssaux, ou le récent projet du gouvernement de ponctionner le pouvoir d’achat des ménages modestes sous forme d’une suppression ou d’une diminution substantielle de la prime pour l’emploi afin de financer le futur « revenu de solidarité active » (RSA), par lequel tout bénéficiaire des minima sociaux devrait être fortement incité, sinon contraint, à accepter n’importe quel travail en échange d’une rémunération à peine supérieure au RMI, disons que le rêve d’un travail plus abondant et mieux rémunéré s’est plutôt transformé en un cauchemar de la décadence auquel conviendrait parfaitement le slogan de « travailler plus pour gagner moins et enrichir encore davantage ceux qui vous exploiteront jusqu’à la dernière goutte de sang », une vision des chose que certains extrémistes néolibéraux, à qui notre adaptation au niveau de compétitivité de la Chine importe infiniment plus que notre bien-être collectif, osent aujourd’hui assumer sans réserves à force d’avoir créé un environnement défavorable à ce point au maintien des solidarités établies et de conditions de vie décentes pour les plus vulnérables d’entre nous. De quoi faire de l’espoir en un avenir meilleur pour la France un désir aussi réaliste que la colonisation de la Lune au cours des dix prochaines années…!

– Contrairement à sa fumeuse promesse électorale de redonner à la France sa grandeur d’autrefois en la replaçant avec détermination au centre de l’Europe, du Monde et des nations démocratique, d’assainir nos rapports si conflictuels avec nos anciennes colonies, notamment africaines, en promouvant concomitamment, dans une optique de codéveloppement, de partenariat équilibré et de partage équitable des richesses planétaires, la naissance d’un Espace Euro-Méditerranéen de Libre-Echange et la mise en œuvre d’une procédure de gestion concertée des flux migratoires, et de moraliser les rapports sociaux, et partant nos relations avec les personnes d’origine étrangère, en réaffirmant avec force les concepts d’identité nationale et d’intégration comme autant de pierres, d’importance égale, à l’édifice d’un nouvel ordre mondial placé sous le signe de l’apaisement et de l’humanisation, mais conformément, cela dit, à la politique nationaliste, quasi-néofasciste, ultra-capitaliste et outrancièrement provocatrice qu’il avait menée pendant cinq ans en qualité de Ministre de l’Intérieur, de Ministre de l’Economie et des Finances et de Président de l’UMP, politique dont la célèbre volonté de « passer les cités au Kärcher » pour se débarrasser de la « racaille » traduit on ne peut plus fidèlement les intentions profondes, Nicolas Sarkozy, dont la méconnaissance des réalités internationales et des usages diplomatiques ne s’arrêtent malheureusement pas à sa maîtrise pour le moins approximative de l’anglais (un comble pour quelqu’un qui se vente ouvertement de se faire appeler « Sarkozy the American » et de s’être illustré comme un « man of action » dans un paysage hexagonal guetté par une prétendue paralysie idéologique post-soixante-huitarde…), semble n’avoir ménagé aucun effort pour transformer inlassablement la France en un gigantesque champ de bataille délimité par les tranchées de l’appartenance sociale, culturelle, religieuse, nationale ou générationnelle sous couvert d’une nouvelle « politique de civilisation », et mettre en branle, sous la forme de cet infâme « Ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Iddentité Nationale et du Codéveloppement« , une machinerie infernale largement inspirée de la logique d’épuration ethnique du régime de Vichy, dont les objectifs premiers, sinon uniques, consistent dorénavant à expulser à tout prix au moins 25000 étrangers par an, à initier quelques vagues projets pseudo-humanitaires dans les pays en développement en vue de légitimer a posteriori les reconduites massives aux frontières, à réduire les flux migratoires à un problème de rotation de main-d’œuvre en fonction des besoins momentanés de nos entreprises et à restreindre l’attribution de la nationalité selon des critères aussi subjectifs que la maîtrise du français, la capacité de subvenir à ses propres besoins financiers ou l’assimilation d’un bagage de culture générale et d’éducation civique qu’il faudrait commencer par inculquer à bon nombre de Français de souche avant de donner de quelconques leçons de morale à ces candidats au statut de futurs compatriotes, de sorte qu’il apparaît déjà presque comme un miracle, et non une conséquence des mesures prises depuis un an, qu’aucune émeute comparable à celles d’octobre-novembre 2005 n’ait encore éclatée dans nos banlieues. De surcroît, n’oublions pas non plus qu’il a seulement fallu quelques mois au nouveau locataire de l’Elysée pour se compromettre avec l’illustre Colonel Kadhafi, commanditaire présumé, parmi moult monstruosités, de l’attentat contre un DC10 d’UTA en 1988, en échange de la libération « inconditionnelle » des infirmières bulgares, de la promotion de notre savoir-faire nucléaire dans le cadre officiel de la construction d’une usine de désalinisation de l’eau de mer en plein cœur d’une région tellement plus propice à l’énergie solaire et de lointaines perspectives de réalisation d’un gazoduc censé réduire notre dépendance face à la Russie et l’Algérie, que ledit Colonel Kadhafi a même eu droit à une visite d’Etat de cinq jours en France, soit trois jours de plus que ce que notre Président bien-aimé a bien voulu consentir à la Reine d’Angleterre lors de son récent voyage inaugural pour Londres, qu’à force de traiter sa collègue Angela Merkel avec une condescendance aux accents ostensiblement machistes, de continuer, à l’image de ses prédécesseurs, à vouloir imposer à nos partenaires européens des distorsions de concurrence et autres avantages compétitifs au profit des seules entreprises hexagonales et de nous traiter comme des adolescents immatures en nous privant de la possibilité de décider par référendum des futurs contours de l’Europe, il nous enfermera irrémédiablement dans une forteresse d’imcompréhension, d’intolérance et d’ignorance dont même nos prétendus amis chinois, américains ou libyens n’auront plus guère envie de nous extraire à coup de juteux contrats de complaisance, au risque de porter le coup de grâce, à l’insu de son plein gré, à des relations franco-allemandes d’ores et déjà malmenées par les aléas de l’Histoire récente, et qu’à trop insister sur la primauté du religieux, du spirituel et de ses convictions personnelles sur toute autre précepte philosophique, notamment l’indispensable laïcité de l’Etat et des institutions européennes dans le contexte d’une inexorable mondialisation des consciences, d’une décorélation croissante entre les frontières territoriales et confessionnelles, des répercussions négatives des divers conflits moyen-orientaux sur les perspectives d’avenir du dialogue interreligieux au sein même du monde occidental et de la propension des mouvements en tous genres à vouloir pallier les lacunes des églises traditionnelles et de l’Etat-Providence par la recrudescence de leurs activités de terrain, il encouragera, à n’en point douter, des dérives sectaires aussi dangereuses et préjudiciables à l’unité nationale que le catholicisme intégriste, l’Eglise de Scientologie, le sionisme ou l’islamisme radical, qui engendreront à leur tour un sentiment d’insécurité et de peur auquel l’Etat se devra de répondre par un arsenal policier et juridique sans-cesse plus répressif…!

– Enfin, s’il était encore besoin de prouver à quel point cette première année de quinquennat raisonna en nous, tel le vacarme assourdissant du vide intersidéral séparant les paroles et les actes du Président Sarkozy, je ne puis que terminer cet exposé sur les retombées on ne peut plus controversées de ce qu’il est convenu d’appeler « le Grenelle de l’Environnement« , cette grand-messe de la pseudo-écologie politique contemporaine cautionnée un peu précipitamment par des éminences grises aussi respectables qu’Al Gore, lors de laquelle il entendait se présenter comme la seule personnalité capable de donner un électrochoc salutaire aux mentalités collectives, y compris jusque dans les bastions de son parti les plus acquis aux thèses de l’agro-business, afin que la lutte contre le changement climatique et les gaz à effet de serre, la promotion de sources d’énergie, de moyens de transports et de logements « propres », le principe de précaution et la préservation du cadre de vie soient désormais élevés au rang d’urgences nationales absolues, mais qui, en réalité, lui servit avant tout à imposer avec acharnement une relance incontrôlée de la filière nucléaire de par le Monde au motif d’exporter, ce faisant, la seule technologie capable de contribuer à la fois à faire baisser considérablement nos émissions de CO2, réduire progressivement notre consommation de matières fossiles et conférer un avantage compétitif durable à des entreprises aussi essentielles à notre indépendance énergétique que Suez ou EDF, à dupper et affaiblir les écologistes de tous bords en faisant mine de tenir dûment compte de leurs principales revandications pendant que sa majorité préparait en cachette tout ce qu’il y a de plus nuisible à notre environnement, et de sceller ainsi dans le marbre le primat de l’économie et de l’opportunisme politicien sur tout autre aspect de l’action publique. Car, s’il est vrai qu’à défaut de nombreuses décisions novatrices, ambitieuses et contraignantes, ce Grenelle se sera au moins soldé par l’instauration d’un embryon de fiscalité écologique et d’une taxe différenciée de type « bonus-malus » sur les voitures en fonction de leurs niveaux de pollution, l’adoption de normes environnementales plus strictes dans le secteur du BTP et la généralisation des campagnes nationales de sensibilisation aux déséquilibres planétaires actuels, et que la prise de conscience massive qui s’en est suivie ne pouvait que forcer le gouvernement à interdire le maïs transgénique Mon 810 au nom du principe de précaution que le Président feignait à présent de faire sien malgré les mises en gardes solennelles et répétées de la Commission Attali sur la « libération de la croissance économique », il n’en demeure pas moins, par exemple, que le tout nouveau Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de l’Aménagement du territoire, dont les titulaires successifs, à savoir Alain Juppé et Jean-Louis Borloo, pourront se targuer à souhait d’être / d’avoir été les seuls membres du gouvernement à occuper cet enviable rang de Ministre d’Etat qui leur permet a priori de s’exprimer librement sur tous les domaines de l’action gouvernementale et de jouir d’une influence décisive sur les lois de ce pays en leur qualité de Vice-Premier-Ministre, , a veillé sans relâche à vider de sa substance les reliques de l’ancien Ministère de l’Environnement au lieu de créer un solide pôle de compétence pluridisciplinaire au service des préoccupations écologiques d’intérêt national, que l’intention du Chef de l’Etat de faire construire 1500 kilomètres supplémentaires de voies ferrées à grande vitesse d’ici 2020 en vue d’encourager le transfert des flux de circulation de la route vers le rail et de mettre la plupart de nos compatriotes à moins d’une heure de transport de la prochaine gare TGV, risque à la fois d’être largement en retard sur les besoins de mobilité d’une population toujours plus nomade et de se faire, pour l’essentiel, au détriment d’un réseau secondaire bien moins rentable par nature, qu’à l’instar de tous ceux qui pensaient avoir trouvé dans les bio ou agro-carburants la double réponse aux défis de la raréfaction du pétrole et de la diminution des incidences environnementales à potentiel énergétique comparable, la France peine aujourd’hui à revenir sur ses choix écostratégiques récents du fait de la flambée des cours de l’or noir et à admettre ouvertement le danger de voir les cultures vivrières cannibalisées par des céréales exclusivement destinées à la production d’énergie, et que le jour même où le gouvernement fédéral allemand et l’ONU ont co-organisé, à Bonn, une conférence mondiale visant à harmoniser les législations sur les organismes génétiquement modifiés afin de laisser aux consommateurs la possibilité de se nourrir en connaissance de cause grâce à un étiquetage aussi précis et compréhensible que possible des denrées qu’ils achètent, notre majorité politique n’a rien trouvé de mieux à entreprendre que de faire cavalier seul face à la communauté internationale en essayant justement de faire adopter, au détour d’un coup de force procédural, une législation sur les OGM aux termes de laquelle les exploitants de parcelles agricoles destinées à la plantation d’espèces génétiquement modifiées profiteront à la fois d’une surprotection manifeste de leurs intérêts, matérialisée par la mise en place d’un délit spécifique de fauchage de cultures transgéniques dont les auteurs s’exposeront à des sanctions largement supérieures à celles prévues dans le cadre d’une « traditionnelle » destruction de biens d’autrui, d’une présomption d’innocence quasi-totale qui obligera dorénavant les victimes de disséminations d’OGM, y compris les adeptes de l’agriculture biologique, à démontrer après-coup l’origine et l’ampleur d’une éventuelle contamination par une modification anormale de la composition génétique de leurs produits, quitte à perdre entre-temps le bénéfice de l’A.O.C. ou du label d’excellence qui s’y rattache, ainsi que d’un vide juridique non encore comblé par la législation européenne, qui laissera finalement aux juges ou aux chambres régionales d’agriculture le soin d’interpréter des notions pourtant aussi essentielles que la présence ou les quantités maximales d’OGM autorisées.

Et quant à ceux d’entre vous qui auraient encore la force et la volonté de déceler une cohérence idéologique entre toutes ces facettes d’un même massacre, de trouver, par exemple, des points communs entre la fibre sociale résiduelle de Christine Boutin et le discours ouvertement protectionniste de Brice Hortefeux, porte-drapeau, en matière d' »immigration choisie », de ce cher président français qui n’arbore peut-être pas tout-à-fait par hasard les mêmes initiales qu’un certain régime national-socialiste au passé particulièrement sanglant, je ne puis que vous conseiller de lire attentivement l’article d’un certain Steve-O sur Agoravox, joliment intitulé « Derrière le rideau du néo-sarkovatisme », dont je voulais initialement faire une note de lecture dans le présent message avant que l’aspect commémoratif n’accapare pleinement mes pensées, et qui vous expliquera, bien mieux que moi, comment Nicolas Sarkozy est parvenu, par un habile mélange entre néolibéralisme, néoconservatisme et retour aux fondements du christianisme, à entraîner notre pays dans une spirale réactionnaire autodestructrice que les forces de progrès, quand bien même elles remporteraient toutes les élections de ces cinq prochaines années, auront grand mal à inverser à leur profit. Bonne lecture, donc, et à bientôt pour parler de choses un tant soit peu plus réjouissantes…!

Christian Knoll

Explorateur d'idées, de sentiments, de mots et de musiques, amateur d'échanges et de voyages, je propose à vos méninges et à votre coeur de m'accompagner sur les autoroutes de l'information, de la communication, du langage et des arts !

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