>Pékin 2008: entre réflexions collectives et réaction individuelle

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ou comment les Jeux Olympiques de Pékin, le nouvel ordre géopolitique « post-subprimes » et l’envie d’en découdre consciencieusement avec la logique du loser m’ont conduits, in fine, à perdre 8 kilos et à parcourir 90 km sur mon vélo d’appartement…

À l’heure où la Terre entière ne semble plus avoir d’yeux que pour la Chine et ses Jeux Olympiques d’Été, à la fois grandioses, terrifiants et ô combien caractéristiques d’une nouvelle donne géopolitique globale au vu de laquelle l’Empire du Milieu n’aura jamais aussi bien porté son nom, tant les sujets d’Hu Jintao sont parvenus, grâce à leurs produits, leurs usines, leur main-d’œuvre inépuisable, leur capacité d’adaptation et leurs talents de copistes / espions industriels à grande échelle, et non sans une certaine négligence complice de nos élites politiques, économiques et financières occidentales, obnubilées par la croissance exponentielle de leurs bénéfices, les résultats immédiats de leurs actions et l’impérieuse nécessité d’administrer, sous forme de « mesures d’accompagnement social du chômage », des remèdes de plus en plus passagers à une automatisation des tâches menée, entre autres, sous couvert d’une soit-disante lutte contre la pénibilité ou le caractère abrutissant du travail, à se placer résolument au centre d’un monde désormais multipolaire où la longue marche triomphale du capitalisme postindustriel, à jamais censée aller de pair avec l’écrasante hégémonie des États-Unis d’Amérique, mère-patrie de l’idéologie néolibérale et garant autoproclamé du salut de l’Univers sur la foi d’un mandat prétendument divin, s’est transformée en une âpre compétition pour quelques parts de marchés supplémentaires (à l’instar de ses courses animées par des athlètes devenus de véritables machines à pulvériser de quelques centièmes de secondes des records du monde d’ores et déjà hallucinants), et où la Chine, à défaut de disposer à domicile des matières premières ou des sources d’énergie susceptibles d’alimenter ses besoins présents et futurs, s’est au moins donnée les moyens d’avancer au rang des superpuissances du XXIe siècle en contrebalançant cette dépendance néfaste par le développement massif d’un tissu industriel hautement productif, fortement exportateur, générateur de millions d’emplois et tourné vers l’avenir, au lieu de se contenter, comme la France tend bien trop souvent à le faire, de s’extasier sur la richesse de son agriculture et sur quelques fleurons industriels issus de sa grandeur d’autrefois, quitte même à ignorer délibérément les agissements de la Russie ou du Soudan pour peu que ceux-ci continuent à lui fournir généreusement tout le gaz et le pétrole qu’il lui faut…; bref, à l’heure où le nouvel axe sino-russe devient le nouveau centre névralgique de la Planète pendant que les « seigneurs » américains et leurs vassaux européens peinent à défendre leurs partenaires géorgiens, ukrainiens ou afghans, rejetant l’Europe dans une torpeur ancestrale et l’Amérique dans les cordes du protectionnisme outrancier, et faute de pouvoir réellement agir, dans l’immédiat, sur le destin du Monde et les décisions des autres, j’ai pris, en mon âme et conscience, le parti de m’en tenir à la promesse, exprimée lors de mes vœux de Nouvel An, d’accomplir des performances exceptionnelles pour toute la durée des Jeux au lieu de me contenter d’assister passivement à celles de personnes dont seuls nos chaînes de télévision, comblés de joie à l’idée de meubler le vide sidéral de la grille d’été par une douzaine d’heures de direct quotidien, voire une couverture ininterrompue pour Canal + Sport et Eurosport, contribuent à une célébrité plus ou moins éphémère, grandement conditionnée par une stratégie opportuniste de gestion de carrière consistant délibérément à se priver de produits dopants au bon moment ou à passer le plus longtemps possible à travers les mailles du filet à force d’être encore plus malins que les organismes censés contrôler leurs agissements dans l’intérêt de la pureté originelle du sport…

Mon objectif ultime étant de ne plus gaspiller mon temps à échouer dans les domaines où je n’arriverai probablement jamais à satisfaire les attentes de mon entourage, mais de réaliser en revanche, ne serait-ce que par esprit de contradiction salutaire et pour me réapproprier le goût du défit, ce dont personne ne m’estime vraiment capable, à savoir perdre une bonne vingtaine de kilos pour atteindre mon poids idéal de 65 kg, fluidifier les contours de mon corps par une pratique intense de toutes sortes d’activités physiques et me mettre ainsi dans une posture bien plus favorable pour mener les combats de demain au lieu de m’attendre d’emblée à encaisser une défaite de plus, de quoi redonner, en partie du moins, une signification contemporaine à l’idéal de Pierre de Coubertin, fondateur et principal idéologue des olympiades modernes, selon lequel l’utilité du sport n’est pas forcément de remporter des victoires contre les autres, mais de contribuer avant tout à se dépasser soi-même, j’ai entamé, dès mon retour de mes vacances dans l’Allgäu (elles aussi des plus sportives au demeurant), un « programme olympique personnel » (POP) composé, pour l’essentiel, de 3 à 5 heures hebdomadaires de vélo elliptique, de vélo d’appartement, de 30 à 60 minutes quotidiennes d’entraînement aux poids et haltères, de pompes, abdos et autres réjouissances classiques de la musculation, de natation et de nombreuses randonnées pédestres à dénivelé variable, et complété notamment par un savant régime à base de plusieurs litres d’eau par jour, de fruits et légumes, de céréales, de viande et féculents en quantités modérées et de diverses barres énergétiques de type Ovo Sport. Ce faisant, et si l’on y ajoute les efforts entrepris depuis l’Euro 2008 de football, j’ai déjà réussi à réduire mon surpoids de plus de 8 kilos en 10 semaines, et je viens d’accomplir un véritable tour de force sur mon vélo d’appartement en y parcourant 90 km en un peu plus de 3h, soit 5 km de plus que mon précédent record personnel, aidé en cela par l’action combinée d’un puissant ventilateur aux capacités rafraîchissantes indéniables, de mon nouveau cardiofréquencemètre, aussi suisse que l’Ovomaltine, et de mon fidèle compagnon électroacoustique, plus connu sous sa dénomination commerciale d’iPod Vidéo 30 GO, qui m’encourage à développer une symbiose parfaite entre le rythme de mes pulsations cardiaques et celui de mes morceaux de musique préférés.

En conclusion: si déjà notre cher Président de la République n’a rien trouvé de mieux que de prétendre ne pas se faire dicter son agenda par les dirigeants chinois / être libre de rencontrer le Dalaïlama quand bon lui semble et vouloir boycotter la cérémonie d’ouverture des JO par solidarité implicite avec les victimes du régime post-maoïste, avant de se raviser, à peine quelques semaines plus tard, au nom des impératifs liés à la présidence du Conseil européen et de l’impossibilité d’ignorer un peuple représentant, à lui seul, un bon cinquième de l’Humanité, au risque de décrédibiliser la cause tibétaine tout en passant vraisemblablement, auprès des décideurs pékinois, pour une girouette à qui il devient difficile de faire confiance pour acquérir des A 380 ou des réacteurs EPR de qualité, si déjà les médias français commencent à nous raconter de temps à autres, , comme si de rien n’était, que les Jeux Olympiques ne se déroulent pas vraiment à Pékin, mais à Beijing, ce qui constitue bien plus qu’un mauvais anglicisme dans la mesure où le nom de Beijing traduit, en réalité, la volonté du régime de matérialiser la suprématie du cantonnais sur le mandarin, un choix politique que personne ne nous obligerait pourtant à reproduire en français, et si déjà le Racing Club de Strasbourg, qui s’est illustré, comme tout le monde le sait, par une fin de saison catastrophique, synonyme de descente en Ligue 2, n’a pas vraiment brillé par son esprit d’équipe et sa volonté de mettre en pratique l’idéal olympique du dépassement de soi, tel que je l’évoquais plus haut, tant l’individualité de certains joueurs se traduisait avant tout par de l’égoïsme, et non par le goût de l’effort et du progrès collectif, mes exploits personnels, en revanche, m’auront au moins permis de défier ce que j’estimais être mes limites, de me doper à la force de mes convictions et via la production d’endorphines sans user pour autant de substances illicites en provenance du monde des sportifs professionnels, et de jeter ainsi les bases d’un chantier pharaonique visant à transformer le corps, qui m’apparaît encore bien trop souvent comme une contrainte, en un outil de performance et de réussite personnelle!!!!

Christian Knoll

Explorateur d'idées, de sentiments, de mots et de musiques, amateur d'échanges et de voyages, je propose à vos méninges et à votre coeur de m'accompagner sur les autoroutes de l'information, de la communication, du langage et des arts !

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