SUR UN AIR D’AMOUR-CLASH : « LILA » DE LAURENCE DÉLIS, MA SUGGESTION LITTÉRAIRE DE JUIN:-)

Ne souhaitant pas m’arrêter en si bon chemin après ma recommandation de lecture du mois dernier et ma version française des paroles de « 99 Luftballons » d’il y a près de deux ans, j’ai choisi de continuer à emprunter le pont entre les arts, et de vous suggérer aujourd’hui, en lien avec le refrain de « Should I Stay Or Should I Go » dont je vous proposerai une traduction en rimes en toute fin de billet, de lire le premier roman d’une autre fidèle amie des mondes virtuels, à savoir « Lila » de Laurence Délis, paru à l’automne 2015 aux éditions Ipagination, disponible, entre autres, directement auprès de l’éditeur, sur papier ou en version numérique (formats Epub sans DRM ou Kindle).

En vérité, bien que cet ouvrage représente effectivement sa prime incursion dans l’univers des livres, Laurence n’est pas exactement ce qu’on pourrait appeler une novice de la plume, étant donné qu’elle avait déjà pris du plaisir à manier les mots à l’adolescence, et qu’elle y est revenue depuis 2013 environ, au sortir d’un silence littéraire d’une trentaine d’années pendant lesquels elle avait troqué la feuille contre la toile pour se consacrer pleinement à son activité d’artiste peintre, nous honorant désormais d’un joli bouquet de textes largement agencé autour des couleurs de l’amour, mais sans exclusive… Forte de son expérience d’auteur et d’animatrice sur le site d’Ipagination, stimulée, depuis peu, par une intéressante communauté informelle de blogueurs particulièrement réceptive à ses mots et ses réflexions, la voilà donc qui parvient de nos jours, pour notre plus grand bonheur, à trouver un point d’équilibre entre ces deux fibres créatrices de rêves, d’imaginaires, de sensations hétéroclites, de profondes émotions ou d’envies de croire en un avenir meilleur, à jouer tantôt avec la couleur des mots et des styles, tantôt avec celle de ses paysages, comme en témoignent ses écrits, par ici, ou ses tableaux, par là.

Fidèle à son habitude de confier systématiquement le rôle du héros ou du narrateur à un personnage masculin, généralement imprévisible, impulsif et d’une fragilité qui lui confère toute son humanité, de quoi s’offrir d’agréables latitudes avec sa propre condition de femme et transposer à l’écriture un sens du détail qu’elle a déjà eu tout loisir d’affûter dans la peinture, elle y ajoute ici un élément essentiel à une histoire en mouvement perpétuel : son choix de rédiger l’intrigue sous forme d’un journal intime tout au long duquel Gabriel, presque aussi éperdument amoureux de ses montagnes que de son inégalable  Lila des Landes (avec ce « presque » qui finira par tout changer), s’adresse directement à celle-ci afin de reconstituer a posteriori, à peu près aussi  minutieusement que dans un scénario de film ou une pièce de théâtre, les pièces d’un puzzle relationnel à jamais inachevé… Et c’est justement cette instabilité permanente au sein de leur couple, cette dualité entre attirance et répulsion, proximité et éloignement, qui m’a tenu en haleine jusqu’à la chute, chaque chapitre amenant incontestablement son lot de suspense, de surprises et de brusques revirements, tout à l’image de leurs caractères hautement indomptables, à mesure que passent les jours, puis les semaines, les mois et les années, comme autant d’actes et de scènes d’une tragédie de notre siècle.

À l’inverse d’un traditionnel conte de fées, tout ne fait que débuter lorsque Gabriel, qui avait entraperçu Lila lors d’un premier voyage sur la côte atlantique, décide de prendre un congé sabbatique pour vivre à ses côtés aussi longtemps que possible, car Lila, elle aussi follement amoureuse de Gabriel, mais foncièrement attachée à son environnement océanique, sa liberté et ses amis, redoute de s’engager plus durablement dans une vie commune qui impliquera nécessairement des concessions. Dans ces moments où tout, à commencer par la proximité géographique, est censé les unir, les coeurs s’éloignent et se ferment à la raison, et seuls les liens entre leurs corps en fusion leur donne l’énergie de communiquer à nouveau. Et a contrario, lorsque les chemins de leurs vies se séparent dans la mesure où Gabriel doit / veut retourner gravir quelque sommet alpin pendant que Lila noie ses contradictions dans des travaux de traduction ou des escapades chez des amis, tous leurs faits et gestes respectifs semblent marqués du sceau de l’absence ou de la peur de ne plus trouver moyen de se comprendre la prochaine fois qu’ils se reverront, leurs échanges par mail ou téléphone portable préfigurant d’ailleurs très souvent les difficultés qu’ils auront alors à surmonter.

De même, tout à l’inverse de la formule « ils se marièrent, eurent beaucoup d’enfants et vécurent heureux jusqu’à la fin des temps », c’est de haute lutte qu’ils arriveront à faire perdurer leur relation, à se marier et à fonder une famille, sans jamais se résoudre pour autant à élire définitivement domicile chez l’un(e) d’eux. De quoi exaspérer plus d’une fois leurs proches qui ne veulent pas croire que tout puisse être d’une complexité à ce point irrémédiable entre eux, mais qui n’en contribueront pas moins à les prémunir de cette petite goutte d’eau qui ferait déborder pour toujours le vase de leurs excès, entre autres lorsque Gabriel, trop possessif et jaloux pour envisager que Lila puisse se satisfaire d’autre-chose que de liens exclusifs, se terre dans un mutisme désespérant dans l’espoir de ne jamais devoir entendre qu’elle est tombée enceinte, conscient que le futur enfant réclamera bien davantage qu’une petite part d’amour, ou lorsque Lila tentera, à son tour, de lui cacher sa seconde grossesse jusqu’au dernier instant.

Lila, c’est donc le titre du livre, mais surtout ce prénom, répété délibérément au fil des pages et du temps qui passe, parfois avec une insistance frisant l’obsession dont je me fais ici l’écho d’une manière tout aussi intentionnelle…, très précisément parce que Gabriel est obsédé jour et nuit par Lila, au point de ne plus vraiment être en mesure de distinguer la réalité de son être ou de leur relation de la femme idéale qu’il passera sa vie à chercher en vain, parce que Lila est à la fois sa raison et sa déraison d’être, parce que c’est encore elle, Lila, qui aura le mot de la fin malgré elle, pour s’être entêtée une fois de trop, parce que Lila sera vouée à ne plus vivre que dans ses rêves, dans ses mots qu’elle ne lira jamais ou à travers leur descendance, sans que l’histoire ne nous dise s’il parviendra à se nourrir de leur amour ou à retrouver un jour sa paix intérieure. Lila et Gabriel ont, tous deux, le don de déranger, d’agacer, d’effrayer, d’ébranler constamment la confiance du lecteur en leur aptitude à réfréner leurs pulsions destructrices avant qu’il ne soit trop tard, mais la délicatesse et la sensibilité de l’écriture et le recul de Gabriel, désormais disposé à une introspection et à une certaine objectivité dont il était foncièrement incapable dans le feu de l’action, ont suscité, au contraire, toute mon empathie, ma compréhension et mon estime pour ces deux êtres à qui la vie, leurs déséquilibres psychiques, la distance, le temps et les préjugés des autres n’auront tout simplement pas permis de flotter sur les eaux d’un long fleuve tranquille, de sorte que je retiendrai surtout de ce magnifique ouvrage que leur histoire est une émouvante leçon de tolérance, de respect des différences, de courage et de ténacité face à l’adversité, un vibrant appel à vivre, à recevoir, donner et partager de l’amour dans un monde qui déborde déjà assez de haine, une ode à la liberté absolue des sens et à celle de tout être humain à disposer librement de son corps !

Étant donné que je partage avec l’auteur cette passion pour la musique, ce qui m’amène à en écouter énormément à tous les stades d’ l’existence, c’est tout naturellement que j’ai ressenti l’envie d’associer un morceau de musique ou une chanson à la tonalité du livre, et que mon choix initial s’est porté sur les paroles de l’indémodable « Je t’aime, moi non plus », composées par le regretté Serge Gainsbourg. Mais peut-être ne mériterais-je pas tout à fait mon pseudo TransEuropeEscape si j’avais omis d’attacher de l’importance à un tout petit détail qui m’a fait creuser un peu plus loin : c’est que les phases de vie commune de Gabriel et Lila, qu’elles se déroulent sur la Côte Ouest ou tout à l’autre bout du pays, en plein massif alpin, sont toujours délimitées par des voyages en train, moyen de transport que nos deux protagonistes n’empruntent donc jamais ensemble pour joindre leurs domiciles affectifs respectifs. De fait, les rails, bien que jamais évoqués en tant que tels dans le récit, deviennent une sorte de métaphore implicite de l’infime ligne de démarcation entre retrouvailles et (risque de) rupture des liens, entre proximité et éloignement, entre osmose charnelle et glaciation des sentiments, entre le désir de Gabriel de rester / retourner chez Lila et sa brusque envie de partir / de faire dmi-tour alors qu’il venait tout juste d’arriver à la gare la plus proche de chez elle…

Voilà pourquoi j’ai finalement jeté mon dévolu sur un autre classique, dans un genre bien plus punk cela dit, en l’occurence le célèbre « Should I Stay Or Should I Go » (dois-je rester ou partir ?) du groupe britannique « The Clash », où il est aussi beaucoup question d’indécision, de contradictions permanentes, de jeux de séduction, d’attraction, puis de répulsions. Et puisque j’ai tout de suite réalisé qu’il y avait parfaitement moyen de transposer les paroles du refrain en vers libres sans trop y perdre, ni en substance originale, ni en rythme, c’est avec délectation, puis avec le plaisir d’une mission accomplie, que j’aimerais rendre cet hommage très personnel à Lila, elle aussi traductrice à ses heures, et en cela, lointaine consoeur dans un monde parallèle qu’il ne m’aurait jamais été donné de découvrir sans l’intermédiation des mots de ma fidèle amie de plume Laurence Délis:-)

Un petit souci pour lancer la vidéo ? Cliquez ici:-)

L’original, tout d’abord :

Should I stay or should I go now
Should I stay or should I go now?
If I go, there will be trouble.
And if I stay, it will be double.
So, come on and let me know (« and so you got to let me know » après la seconde strophe)!
Should I stay or should I go?

Ma traduction, ensuite :

Est-ce que j’dois rester ou partir ? (bis)
Si j’ m’en-vais, y aura des dégâts.
Si j’ reste, c’est deux fois plus qu’y en aura.
Allez, dis-moi à quoi m’en tenir / faudra bien qu’ tu m’ dises à quoi m’en tenir!
Est-ce que j’ dois rester ou partir ?

BLOG-NOT DE CATHERINE DUTIGNY : MON COUP DE COEUR LITTÉRAIRE DU MOIS… ET UNE OCCASION EN OR DEFAIRE REVIVRE MON PROPRE BLOG:-)

Depuis la publication de mon dernier billet en juillet 2014, cela fait donc à nouveau près de deux ans que cet espace a fait les frais des innombrables péripéties de mon quotidien, de la longue et douloureuse maladie, puis du décès de mon père, au deuil qui s’en est suivi, d’une terrible déception amoureuse aux incertitudes d’un avenir où je ne manquerai pas d’être confronté à des responsabilités tellement plus immenses qu’elles ne l’ont été par le passé. Deux ans, aussi, que je n’en brûlais pas moins d’envie de vous dire au fil des présentes pages tout le bien que je pense que ma fidèle amie et inspiratrice de plume Catherine Dutigny, également connue sous le doux nom d’Elsa Saint Hilaire, comme j’ai déjà coutume de le faire sur les principaux réseaux sociaux depuis-lors…

Et voilà que son tout nouveau roman « Blog-not », disponible dès à présent auprès de son éditeur, sur Amazon ou chez votre libraire habituel, tombe à pic en pleine période des ponts de mai pour m’inciter à échafauder des liens entre mon destin et celui de l’un de ses héros, à trouver dans une si palpitante intrigue la force et l’inspiration qui puissent me porter vers des rivages plus ensoleillés à l’avenir… !

Alors, qui est, au juste, cette fameuse Catherine / Elsa ?

Dans la vie, elle est diplômée de Sciences Po, riche d’un parcours professionnel passionnant et diversifié, rédactrice et membre du comité de lecture à La Cause Littéraire, écrivaine se plaisant à aborder le plus naturellement du monde un large éventail de genres et de styles, du conte pour enfants au roman policier, avec un fort agréable penchant pour l’humour et les personnages en marge des conventions de tous ordres, entre autres cordes à son arc…

Dans mon coeur, depuis ce jour de la fin 2013 où j’ai eu la chance de la lire pour la première fois, elle est devenue, tout d’abord, cette intéressante et intelligente correspondante avec qui j’ai toujours aimé me livrer à des discussions argumentées sur l’actualité, l’art ou la musique, en plus de commenter ses derniers écrits, puis, avec le temps, une confidente et amie qui a eu la gentillesse de m’offrir l’un des plus beaux témoignages d’estime, de reconnaissance et d’affection qu’on puisse recevoir d’une femme / fan de lettres de son haut rang : à savoir qu’elle m’a permis d’accompagner la mise en ligne progressive des 50 premiers chapitres de son roman-feuilleton Carnets secrets, », l’histoire d’un chat parlant le langage des Humains, participant activement à démêler les fils de leurs destins entrecroisés,  via une page Facebook dédiée dont je rédige les différents statuts et assure l’administration. Soucieuse de rendre ses écrits accessibles à des publics aussi variés que possible, de s’adapter au mieux à toute la palette des habitudes de lecture, elle n’a cessé d’apporter une contribution décisive au blog de mon amie Tippi Rod où cohabitent en parfaite harmonie les versions électroniques et les enregistrements audio d’un impressionnant choix de textes, pour le plus grand bonheur de ceux qui éprouvent des difficultés / sont dans l’impossibilité de lire des ouvrages imprimés sur papier puisqu’il n’est pas donné à tout le monde de maîtriser l’outil informatique au point de s’acharner à scanner un livre de 200 pages via son logiciel d’OCR avant de pouvoir en exploiter le contenu dans des conditions à peu près décentes.

« Un titre qui n’est ni français ni anglais et qui sert d’illustration au livre. Mais que m’est-il encore passé par la tête? », s’interroge-t-elle en tête de gondole de la page consacrée à son dernier-né, plus de deux siècles après le règne de Napoléon Ier à qui d’aucuns ont tout de même prêté l’intention de faire creuser un tunnel sous la Manche en vue de sceller une alliance franco-anglaise définitivement à notre avantage;-)…

Quelques indices prometteurs en quatrième de couverture, mis en musique et en images par la talentueuse Naïade :

Rien ne laissait présager une telle issue.

Le corps d’une jeune fille découvert dans la Seine par un vieux marinier, quelques vêtements et un mot trouvés sur la berge : le suicide d’une adolescente ne semble faire aucun doute. Par acquit de conscience, le commissaire Guedj, conseillé par une graphologue, analyse les maigres indices afin de ne rater aucune éventualité. Puis apparait un deuxième papier issu des affaires de la noyée. Cet extrait de Lithium va bouleverser l’enquête.

Il y a d’abord Alex, l’agaçant petit ami de Clarisse, la fille de l’experte, qui rêve de devenir journaliste. Et puis cette maison de retraite où une infirmière se consume d’amour pour un étrange collègue. Ou encore ce blog, qui attire comme un aimant des jeunes internautes en mal de vivre. Une seule certitude, certains vont amèrement regretter de jouer au détective.

Pour avoir enfin eu tout loisir de lire, oh non, que dis-je, de dévorer goulument ce livre dans son intégralité, de réaliser en quoi les paroles des morceaux de Nirvana ne représentent qu’une très pâle réplique contemporaine des Fleurs du mal de Baudelaire, bien que tous deux produisent parfois des effets identiques sur des personnes en souffrance psychique, c’est une réponse infiniment plus personnelle qui s’impose à cette question : de fort belles choses, ma foi:-)

S’il est vrai que Catherine Dutigny n’est pas encore aussi célèbre qu’elle ne le mériterais au titre de ses propres mots, reste qu’elle a mis toutes les chances de son côté pour gravir quelques marches de plus vers la consécration, que ce soit grâce à cette intrigue chargée de suspense jusqu’au point final, , à son style d’écriture, fluide, entraînant et parsemé de jolies formulations, au grand soin qu’elle a manifestement pris à se documenter, de manière à ce que tout paraisse aussi crédible que possible, à tous ces protagonistes dont elle dépeint les traits de caractère avec tant de finesse d’esprit et de souci du détail qu’on en ressent spontanément l’envie de s’intéresser à leur psychologie avant de les juger ou de les ranger précipitamment dans les tiroirs de nos idées préconçues, en dépit de leur part d’irrationnel / d’imprévisible et d’un hasard qui tire à merveille les ficelles de l’histoire pour laisser planer une indispensable part d’ombre échappant à notre curiosité. De surcroît, les âmes très sensibles peuvent être rassurées quant au fait que tout se termine bien mieux qu’on n’osait l’espérer, sur des notes d’allégresse et de confiance en l’avenir qui dépassent de très loin le schéma par trop classique de l’opposition entre bons et méchants…

Et puis, il y a deux terrains sur lesquels on suppose aisément quelques incursions autobiographiques. D’une part, bien sûr, dans la description de la graphologue à qui vient l’idée de réitérer l’exploit d’écrire un roman sur la base du fait divers dans lequel elle se trouve chaque jour un peu plus impliquée, tantôt à son insu, tantôt de son plein gré. De l’autre, ce qui me fascine et me remplit d’une franche admiration depuis ma première lecture de son texte « Dissonances et synthonies », sur Ipagination à l’époque, à savoir sa parfaite connaissance de l’univers des musiques métalliques, qu’elles soient heavy, death, hard, grundge ou que sais-je d’autre. Quelle belle manière, pour elle qui a seulement trois printemps de moins que ma mère à son actif dans la vraie vie, de prouver qu’il n’y a pas d’âge pour rester jeune, alerte et ouvert d’esprit, tout comme il n’y a pas non plus d’âge pour vieillir prématurément à force de n’apprécier la musique que comme une drogue à consommer aux côtés des autres au lieu d’y chercher prioritairement inspiration et extase artistique !

Émotif par nature, je me suis beaucoup attaché au père Mathieu, le marinier vieillissant qui vit reclus sur sa péniche à Conflans-Sainte-Honorine, à la santé toujours plus chancelante depuis le décès de son épouse, un homme si charmant, perspicace et persuasif qu’on n’a envie de lui en vouloir ni pour son caractère peu engageant au départ, ni pour sa fâcheuse tendance à pratiquer sciemment de la rétention de pièces à conviction, qu’on lui en devient même reconnaissant au fil des chapitres dans la mesure où c’est précisément l’évolution maîtrisée de son attitude, de la méfiance à la joie d’être en si bonne compagnie, qui donne un tour encore beaucoup plus croustillant à l’intrigue, que même Delage, l’adjoint de Guedj, pourtant si pressé d’arriver à ses fins d’ordinaire, accepte de bonne grâce de s’exercer à l’art de la patience parce qu’il comprend bien vite qu’il vaut tellement mieux entrer dans son jeu pour s’assurer de sa collaboration que d’appliquer les consignes de service à la lettre, jusqu’à trouver refuge chez lui à un moment où il ne voit pas à qui d’autre il pourrait confier toutes ses angoisses…

Et sans vouloir souffler la fin de l’histoire à qui n’y serait pas encore arrivé, je n’ai pas pu m’empêcher de verser quelques larmes d’émotion au moment où il annonce qu’il se donnera les moyens de réaliser son voeu le plus cher, celui de transmettre aux générations futures un savoir qu’il s’était déjà résigné à imaginer à jamais perdu après sa mort. D’une part, c’est le plus beau cadeau que l’auteur ait pu lui faire, et qui sait, peut-être qu’à l’idée de savoir que sa vie n’a pas été vaine, qu’il est encore parfaitement apte à séduire les femmes, il se portera mieux que jamais ! Et de l’autre, quelle plus belle réponse que celle d’arriver à redonner un sens nouveau à sa vie grâce au potentiel de la toile pendant que certains, à commencer par Frédéric, le blogger au génie maléfique agrémenté de pulsions quasi-bestiales, se servent de ces mêmes outils pour exploiter les failles psychologiques d’adolescentes en mal de repères jusqu’à les persuader qu’elles auraient déjà perdu le combat contre l’insignifiance et la laideur, et n’auraient donc plus qu’à en finir au plus vite. Le tout, sans avoir besoin de verser dans le militantisme, juste parce que le cours des choses en incite certainement plus d’un(e) à parvenir à des conclusions similaires !

EN RÉSUMÉ ET EN CONCLUSION : LISEZ-LE, CE BEAU ROMAN:-)

 »Blog-not » de Catherine Dutigny ;
212 pages, 16,00€ ;
Paru aux éditions RROYZZ le 27 avril 2016)
ISBN-10: 2363720520
ISBN-13: 978-2363720528
disponible auprès de son éditeur, sur Amazon ou chez votre libraire habituel

Paroles traduites par mes soins : « 99 Luftballons », la chanson qui allait faire détester à jamais la guerre au gamin de 9 ans que j’étais alors

Qui, d’entre vous, n’a pas déjà entendu / écouté plusieurs dizaines de fois dans sa vie ce tube planétaire, voire interstellaire, si célèbre que même les Américains, à qui l’on avait pourtant destiné un « 99 Red Balloons » bien à eux, persistaient à en jouer la version originale allemande pour ne pas se sentir déconnectés du reste de l’Humanité ?! Quel DJ ou autre animateur de soirée ne l’a pas déjà sorti de ses cartons pour entraîner l’assistance vers la piste de danse et lui extirper des cris de joie ou des hurlements encore amplifiés par de colossales quantités d’alcool ou de boissons énergisantes préalablement ingurgitées, sans qu’il ne soit nécessaire, pour cela, d’avoir la moindre notion d’allemand, a fortiori, des paroles de cette chanson;-) ?!

En ces temps de Coupe du Monde du ballon rond, sport qui parvient aussi bien à unir les peuples qu’à leur fournir un redoutable ersatz de guerre, selon les cas, j’aimerais néanmoins vous narrer, par le truchement de ma traduction, cette histoire de ballons de baudruche, au contexte historique et géopolitique autrement plus sérieux qu’un match de football, qui m’avait fait comprendre dès mon plus jeune âge à quoi pourrait mener la bêtise humaine si nous n’y prenions garde.

Car en 1983, l’Europe en général, l’Allemagne en particulier, servait de macabre « terrain de jeu » aux deux superpuissances mondiales qu’étaient alors les États-Unis et l’URSS, au point d’en être divisée en deux blocs séparés plus ou moins hermétiquement par le « Rideau de Fer »… La partie la plus emblématique de ce rideau étant incontestablement le Mur de Berlin, érigée en « rempart de protection anti-impérialiste » par le génie maléfique de la propagande est-allemande, qui coupait en deux parts inégales la capitale historique de l’Allemagne

Au déploiement de missiles SS20 par les Soviétiques dans leurs États satellites du Pacte de Varsovie, surtout en ex-RDA, l’Amérique de Ronald Reagan avait répondu par son « Initiative de Défense Stratégique (IDS), plus connue sous son appellation médiatique / propagandiste de « Guerre des Étoiles », et par la dissémination de ses missiles Pershing II, sur le territoire de ses alliés de l’OTAN à la suite d’une demande explicite du gouvernement ouest-allemand qui remontait déjà à 1979… Autant d’armes à capacité nucléaire ou de projets de nature à transformer la Guerre Froide en véritable troisième conflit mondial au moindre incident (et encore : l’Histoire ne peut dire ce qu’il serait advenu de l’Humanité si l’Administration Kennedy avait cédé, dans le prolongement de la crise de Cuba, à la volonté farouche de Franz Josef Strauß de doter la RFA de la bombe atomique…) !

Mis au monde par une mère allemande dont une partie de la famille était restée à l’Est, j’étais alors persuadé d’être né et de vivre du bon côté du Mur, celui où règnent la liberté, la justice et la prospérité, où l’on avait donc toutes les bonnes raisons du monde d’oeuvrer à la chute de « l’empire du mal » communiste après s’être débarrassé du 3e Reich quarante ans plus tôt. Mais dans le contexte d’une révolte pacifiste massive outre-Rhin, aussi bien contre cette course folle aux armements dévastateurs qu’en réaction aux risques incalculables liés à la construction, à l’exploitation et au démantèlement de centrales nucléaires dont il était bien permis de douter du caractère exclusivement civil, cette chanson a largement contribué à faire voler en éclat la vision manichéenne des événements qui s’était jusque-là imprimée dans mon jeune cerveau, car au fil des discussions avec ma mère au sujet des paroles et de ses interrogations sur l’état de la planète tout entière, je me suis mis à réaliser combien nous, Occidentaux, mettions aussi beaucoup d’huile sur le feu à tant vouloir imposer aux autres notre mode de vie, le cas échéant par la force, quitte à ce que celle-ci soit loin d’être circonscrite à des cibles militaires. Et aujourd’hui encore, j’ai le plus grand mal à retenir une larme à l’écoute de la dernière strophe des mots que voici !

As-tu un peu de temps pour moi ?
Alors, je vais chanter pour toi
Une chanson sur les 99 ballons
En route vers l’horizon.
Peut-être que tu es tout juste en train de penser à moi.
Alors, je vais chanter pour toi
Une chanson sur les 99 ballons,
Et tout ça pour ça…

99 ballons
Sur leur route vers l’horizon,
On les a pris pour des ovnis tout droit venus de l’Espace…
Voilà pourquoi un général a envoyé un escadron de chasse à leur poursuite
Pour donner l’alerte, au cas où…
Et dire que là-bas à l’horizon,
Il n’y avait que 99 ballons !

99 pilotes de chasse,
Dont chacun était un grand guerrier,
Se sont pris pour Captain Kirk.
Ça a donné un grand feu d’artifice.
Les voisins n’ont rien capté
Et se sont tout de suite sentis provoqués.
Et dire que là-bas, à l’horizon,
On a juste tiré sur 99 ballons !

99 ministres de la guerre,
Allumette et bidon d’essence
Se sont pris pour de grands malins,
Ont déjà flairé le gros butin,
Ont crié à la guerre et voulu le pouvoir.
Mais franchement : qui aurait pensé qu’on en arriverait là
Pour 99 ballons…
99 ballons…
99 ballons… ?!

99 ans de guerre
N’ont laissé aucune place à des vainqueurs.
Des ministres de la guerre, il n’y en a plus,
Ni des pilotes de chasse.
Aujourd’hui, je fais mes rondes, et vois le monde en ruines.
J’ai trouvé un ballon.
J’ pense à toi, et je le laisse s’envoler
… … … … …

>Pékin 2008: entre réflexions collectives et réaction individuelle

>

ou comment les Jeux Olympiques de Pékin, le nouvel ordre géopolitique « post-subprimes » et l’envie d’en découdre consciencieusement avec la logique du loser m’ont conduits, in fine, à perdre 8 kilos et à parcourir 90 km sur mon vélo d’appartement…

À l’heure où la Terre entière ne semble plus avoir d’yeux que pour la Chine et ses Jeux Olympiques d’Été, à la fois grandioses, terrifiants et ô combien caractéristiques d’une nouvelle donne géopolitique globale au vu de laquelle l’Empire du Milieu n’aura jamais aussi bien porté son nom, tant les sujets d’Hu Jintao sont parvenus, grâce à leurs produits, leurs usines, leur main-d’œuvre inépuisable, leur capacité d’adaptation et leurs talents de copistes / espions industriels à grande échelle, et non sans une certaine négligence complice de nos élites politiques, économiques et financières occidentales, obnubilées par la croissance exponentielle de leurs bénéfices, les résultats immédiats de leurs actions et l’impérieuse nécessité d’administrer, sous forme de « mesures d’accompagnement social du chômage », des remèdes de plus en plus passagers à une automatisation des tâches menée, entre autres, sous couvert d’une soit-disante lutte contre la pénibilité ou le caractère abrutissant du travail, à se placer résolument au centre d’un monde désormais multipolaire où la longue marche triomphale du capitalisme postindustriel, à jamais censée aller de pair avec l’écrasante hégémonie des États-Unis d’Amérique, mère-patrie de l’idéologie néolibérale et garant autoproclamé du salut de l’Univers sur la foi d’un mandat prétendument divin, s’est transformée en une âpre compétition pour quelques parts de marchés supplémentaires (à l’instar de ses courses animées par des athlètes devenus de véritables machines à pulvériser de quelques centièmes de secondes des records du monde d’ores et déjà hallucinants), et où la Chine, à défaut de disposer à domicile des matières premières ou des sources d’énergie susceptibles d’alimenter ses besoins présents et futurs, s’est au moins donnée les moyens d’avancer au rang des superpuissances du XXIe siècle en contrebalançant cette dépendance néfaste par le développement massif d’un tissu industriel hautement productif, fortement exportateur, générateur de millions d’emplois et tourné vers l’avenir, au lieu de se contenter, comme la France tend bien trop souvent à le faire, de s’extasier sur la richesse de son agriculture et sur quelques fleurons industriels issus de sa grandeur d’autrefois, quitte même à ignorer délibérément les agissements de la Russie ou du Soudan pour peu que ceux-ci continuent à lui fournir généreusement tout le gaz et le pétrole qu’il lui faut…; bref, à l’heure où le nouvel axe sino-russe devient le nouveau centre névralgique de la Planète pendant que les « seigneurs » américains et leurs vassaux européens peinent à défendre leurs partenaires géorgiens, ukrainiens ou afghans, rejetant l’Europe dans une torpeur ancestrale et l’Amérique dans les cordes du protectionnisme outrancier, et faute de pouvoir réellement agir, dans l’immédiat, sur le destin du Monde et les décisions des autres, j’ai pris, en mon âme et conscience, le parti de m’en tenir à la promesse, exprimée lors de mes vœux de Nouvel An, d’accomplir des performances exceptionnelles pour toute la durée des Jeux au lieu de me contenter d’assister passivement à celles de personnes dont seuls nos chaînes de télévision, comblés de joie à l’idée de meubler le vide sidéral de la grille d’été par une douzaine d’heures de direct quotidien, voire une couverture ininterrompue pour Canal + Sport et Eurosport, contribuent à une célébrité plus ou moins éphémère, grandement conditionnée par une stratégie opportuniste de gestion de carrière consistant délibérément à se priver de produits dopants au bon moment ou à passer le plus longtemps possible à travers les mailles du filet à force d’être encore plus malins que les organismes censés contrôler leurs agissements dans l’intérêt de la pureté originelle du sport…

Mon objectif ultime étant de ne plus gaspiller mon temps à échouer dans les domaines où je n’arriverai probablement jamais à satisfaire les attentes de mon entourage, mais de réaliser en revanche, ne serait-ce que par esprit de contradiction salutaire et pour me réapproprier le goût du défit, ce dont personne ne m’estime vraiment capable, à savoir perdre une bonne vingtaine de kilos pour atteindre mon poids idéal de 65 kg, fluidifier les contours de mon corps par une pratique intense de toutes sortes d’activités physiques et me mettre ainsi dans une posture bien plus favorable pour mener les combats de demain au lieu de m’attendre d’emblée à encaisser une défaite de plus, de quoi redonner, en partie du moins, une signification contemporaine à l’idéal de Pierre de Coubertin, fondateur et principal idéologue des olympiades modernes, selon lequel l’utilité du sport n’est pas forcément de remporter des victoires contre les autres, mais de contribuer avant tout à se dépasser soi-même, j’ai entamé, dès mon retour de mes vacances dans l’Allgäu (elles aussi des plus sportives au demeurant), un « programme olympique personnel » (POP) composé, pour l’essentiel, de 3 à 5 heures hebdomadaires de vélo elliptique, de vélo d’appartement, de 30 à 60 minutes quotidiennes d’entraînement aux poids et haltères, de pompes, abdos et autres réjouissances classiques de la musculation, de natation et de nombreuses randonnées pédestres à dénivelé variable, et complété notamment par un savant régime à base de plusieurs litres d’eau par jour, de fruits et légumes, de céréales, de viande et féculents en quantités modérées et de diverses barres énergétiques de type Ovo Sport. Ce faisant, et si l’on y ajoute les efforts entrepris depuis l’Euro 2008 de football, j’ai déjà réussi à réduire mon surpoids de plus de 8 kilos en 10 semaines, et je viens d’accomplir un véritable tour de force sur mon vélo d’appartement en y parcourant 90 km en un peu plus de 3h, soit 5 km de plus que mon précédent record personnel, aidé en cela par l’action combinée d’un puissant ventilateur aux capacités rafraîchissantes indéniables, de mon nouveau cardiofréquencemètre, aussi suisse que l’Ovomaltine, et de mon fidèle compagnon électroacoustique, plus connu sous sa dénomination commerciale d’iPod Vidéo 30 GO, qui m’encourage à développer une symbiose parfaite entre le rythme de mes pulsations cardiaques et celui de mes morceaux de musique préférés.

En conclusion: si déjà notre cher Président de la République n’a rien trouvé de mieux que de prétendre ne pas se faire dicter son agenda par les dirigeants chinois / être libre de rencontrer le Dalaïlama quand bon lui semble et vouloir boycotter la cérémonie d’ouverture des JO par solidarité implicite avec les victimes du régime post-maoïste, avant de se raviser, à peine quelques semaines plus tard, au nom des impératifs liés à la présidence du Conseil européen et de l’impossibilité d’ignorer un peuple représentant, à lui seul, un bon cinquième de l’Humanité, au risque de décrédibiliser la cause tibétaine tout en passant vraisemblablement, auprès des décideurs pékinois, pour une girouette à qui il devient difficile de faire confiance pour acquérir des A 380 ou des réacteurs EPR de qualité, si déjà les médias français commencent à nous raconter de temps à autres, , comme si de rien n’était, que les Jeux Olympiques ne se déroulent pas vraiment à Pékin, mais à Beijing, ce qui constitue bien plus qu’un mauvais anglicisme dans la mesure où le nom de Beijing traduit, en réalité, la volonté du régime de matérialiser la suprématie du cantonnais sur le mandarin, un choix politique que personne ne nous obligerait pourtant à reproduire en français, et si déjà le Racing Club de Strasbourg, qui s’est illustré, comme tout le monde le sait, par une fin de saison catastrophique, synonyme de descente en Ligue 2, n’a pas vraiment brillé par son esprit d’équipe et sa volonté de mettre en pratique l’idéal olympique du dépassement de soi, tel que je l’évoquais plus haut, tant l’individualité de certains joueurs se traduisait avant tout par de l’égoïsme, et non par le goût de l’effort et du progrès collectif, mes exploits personnels, en revanche, m’auront au moins permis de défier ce que j’estimais être mes limites, de me doper à la force de mes convictions et via la production d’endorphines sans user pour autant de substances illicites en provenance du monde des sportifs professionnels, et de jeter ainsi les bases d’un chantier pharaonique visant à transformer le corps, qui m’apparaît encore bien trop souvent comme une contrainte, en un outil de performance et de réussite personnelle!!!!